Une réflexion qui se poursuit

L’enjeu est de taille et mérite bien un colloque : depuis jeudi, les deux amphithéâtres de l’UNC sont mobilisés autour du système éducatif calédonien à l’heure du destin commun.

Par Aude Perron

Pour lancer les séances de travail et de réflexion, petit retour dans le passé, avant-hier, pour rappeler d’où vient cette école du pays. Il y a un siècle de cela, elle s’apparentait plutôt à une école coloniale « qui n’avait pas pour but de faire des citoyens, mais plutôt des sujets de l’empire français », nuance Marie Salaun, professeure à l’Université Paris-Descartes.

Fin des années 70, l’école a, certes, évolué, mais son rendement chez les Kanak est toujours dérisoire, poursuit l’universitaire. « Elle représente une vaste course à obstacles. Sur mille enfants kanak scolarisés en CP, il n’y en a que douze qui arrivent au bac et seulement quatre l’obtiennent. »

Dernière ligne droite

C’est contre ces inégalités dans les chances de réussite qui, dans une certaine mesure, ont encore cours aujourd’hui que s’inscrit, notamment, le projet éducatif en cours d’élaboration au gouvernement. L’inspecteur de l’Education nationale, Romain Capron, en a profité pour rappeler les différentes étapes qui ont permis la rédaction d’un texte – dans sa dernière ligne droite – pour être présenté au Congrès début décembre. « En parallèle de ce texte, il a été demandé aux partenaires du milieu éducatif de proposer des actions à mettre en œuvre. Le projet éducatif, c’est donc une réflexion, un encadrement juridique mais également des actions. »

Ce matin, la dernière journée du colloque sera consacrée aux systèmes éducatifs francophones dans l’environnement proche de la Nouvelle-Calédonie, avec des invités du Vanuatu, de Wallis-et-Futuna et de Polynésie française. La séance plénière de l’après-midi, en anglais, s’intéressera cette fois aux systèmes éducatifs anglophones avec des conférenciers néo-zélandais et australiens.

Une réflexion qui se poursuit, Les Nouvelles Calédoniennes, 7 novembre 2015.

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