Prêts au coup de sifflet 

Equateur 2015 a pris fin hier. Cette opération interarmées et internationale est élaborée par les Fanc et des officiers étrangers. L’an prochain, les troupes de cette coalition seront déployées, en vrai, pour jouer un scénario catastrophe.

Par Aude Perron

C’est un rituel qui monte en puissance avec les années. A la base navale de la pointe Chaleix, à Nouméa, une quarantaine d’officiers étrangers sont réunis depuis dix jours dans le cadre d’Equateur 2015, une opération interarmées. Avec leurs homologues des Forces armées de la Nouvelle-Calédonie (Fanc), ils ont planché jusqu’à hier, sur un exercice d’état-major à caractère humanitaire. C’est une répétition générale en vue de l’exercice Croix du Sud qui revient tous les deux ans (en alternance avec Equateur) et durant lequel, cette fois, des troupes sont déployées sur le terrain selon un scénario étudié.

Tactique. Douze pays, convaincus de l’intérêt tactique de l’exercice, ont répondu à l’invitation des Fanc, dont le Chili, Singapour et le Japon, pour la première fois. « Avec Equateur, nous voulons améliorer nos capacités d’intervention et coordonner notre assistance humanitaire avec les autres pays du Pacifique », explique le colonel Kawaguchi. Son pays, le Japon, prend désormais part à des exercices de coalition, depuis un récent changement dans sa Constitution. Intérêt partagé du colonel Claviera, du Chili, qui ajoute : « Nous avons beaucoup d’expérience avec les désastres naturels : ce sont des enseignements que l’on peut partager. »

Contacts, partage, organisation : ce sont là les objectifs d’Equateur. « Plus on se connaît, plus on travaille ensemble régulièrement, et plus il est facile de se coordonner, confirme le lieutenant-colonel Valat, des Fanc. Au coup de sifflet, on sera prêt. » Dans cette optique, un état-major a été constitué et les officiers, répartis en différentes cellules, opérations, logistique, renseignement, systèmes informatiques, médias et liaison civils-militaires.

Cyclone. Ils ont étudié un scénario fictif : sur fond de résurgence d’activisme, d’insécurité et de tensions communautaires, un cyclone de force 5 frappe le sud de la Grande Terre et l’île des Pins. « En fonction de ce scénario, on estime les moyens nécessaires pour remplir la mission puis on demande aux nations participantes sur quelles composantes elles peuvent s’engager », explique le lieutenant-colonel Valat. Mais pas de chasseur, de sous-marin ou autre destroyer : « C’est un exercice humanitaire, précise-t-il, pas de guerre. »
A cet appel, le Canada a proposé de mettre dans le pot commun un avion de transport militaire (C-130J), ainsi que 70 personnels (deux pelotons de soldats essentiellement et quelques attachés médicaux). « Cet avion va servir pour les parachutages, les évacuations des civils et le transport du matériel », précise le capitaine Beauchamp. Des moyens qui seront acheminés en Calédonie l’an prochain pour l’opération Croix du Sud, en novembre 2016. Là, environ 1 500 personnels, militaires des nations participantes, et 70 figurants, dans leur propre rôle (ONG, civils), sont attendus pour cet exercice grandeur nature.

Photo : Jean-Paul Pigeot

Prêts au coup de sifflet , Les Nouvelles Calédoniennes, 8 octobre 2015.

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