Les 19 et 23 octobre prochains pourtant, les professionnels de la santé seront réunis autour de ce sujet délicat dont le dernier rendez-vous remonte à dix ans au moins.
Par Aude Perron
Non, on ne parle toujours pas si facilement de l’urologie, cette branche de la médecine qui traite des maladies génito-urinaires chez l’homme. Organisées par le cabinet d’urologie du Pacifique Sud (CUPS), en partenariat avec la clinique Île-Nou Magnin, les Journées calédoniennes de l’urologie sont donc l’occasion d’aborder tout particulièrement deux préoccupations majeures de santé publique en Calédonie : le cancer de la prostate et la greffe rénale.
Le cancer de la prostate est le premier cancer chez l’homme (plus de 25 % des tumeurs invasives), rapelle le docteur Michel Lacour, un des trois urologues du territoire. « Cela représente un coût relativement important pour la Calédonie, car on peut vivre longtemps avec la maladie. Le taux de mortalité est de 5 à 10 %. C’est un cancer particulier, car il évolue très lentement. » Selon lui, une prise en charge mieux ciblée (de la surveillance jusqu’au traitement) permettrait de réduire les coûts pour la collectivité.
Des greffes rénales sur le Caillou ?
Quant à la greffe du rein, elle se fait pour l’instant en Australie, de même que le prélèvement, si le donneur est vivant. Si le donneur est décédé, le prélèvement est réalisé ici. « Mais il y a tout pour que la greffe se fasse ici, estime le docteur Lacour. A Tahiti, ils le font déjà depuis deux ans. L’un des objectifs de ces journées, c’est de voir comment nous pourrions faire les greffes ici. » Et de préciser qu’il faudra d’autant plus sensibiliser en amont puisque les dons sont très rares, question de culture. « Pourtant, avec le taux d’accidentologie en Calédonie, il y a du potentiel pour des dons d’organes. »
Pour aborder ces deux sujets, des pointures en la matière ont répondu à l’invitation des organisateurs. Urologues, néphrologues, radiothérapeutes, oncologues, pour la plupart venus de Métropole, mais également Louise Emmett, du St. Vincent Hospital, à Sydney ainsi que George Hruby, du Royal Prince Alfred Hospital, à Sydney.
« Ce sont eux qui reçoivent nos patients à greffer », précise le médecin. Il s’agit donc d’un rendez-vous pour les professionnels de la santé mais « on espère qu’à travers eux, nos messages de sensibilisation passeront au grand public ».
Photo : Thierry Perron
Un sujet encore tabou, Les Nouvelles Calédoniennes, 13 octobre 2015.

