Quel avenir pour la filière ovine-caprine ?

Mercredi dernier, l’UPRA-OC a réuni les professionnels et les services techniques de la filière ovine-caprine à l’exploitation SAS Brebislait. L’occasion pour tous de se rencontrer et d’échanger.

Par Aude Perron

On peut dire qu’il y avait du monde, mercredi dernier, chez Brebislait. Une quarantaine de personnes, certaines venant de la province Sud, ont fait le déplacement jusqu’à Ouaco à l’invitation de l’Unité Néo-Calédonienne de Promotion et de Sélection des Races Ovines et Caprines (UPRA OC) pour visiter l’exploitation de Jacky Laigneau. « On vient pour le côté innovant du projet, explique avec enthousiasme Valérie Marchal, agronome au Lycée agricole de Pouembout. Le mouton calédonien au milieu des géants néo-zélandais et australien : ce n’est pas banal ! » Et c’est du mouton, non pas pour la viande, mais pour le lait…

À terme, SAS Brebislait, grâce au soutien de Finagro SAS, la filiale agricole de la Sofinor, ce sera trois bergeries qui pourront accueillir environ 700 brebis. Elles produiront quotidiennement 800 litres de lait destinés à être transformés en fromage. Transformation, valeur ajoutée, création d’emplois, auto-suffisance alimentaire : bref, le projet Brebislait a tout pour plaire. 

Connu pour être le doyen de l’élevage du mouton en Calédonie, Pierre Dupras a été séduit par la visite de la bergerie. Mais cet éleveur de 80 ans ne cache pas son inquiétude quant à l’évolution de la filière ovine-caprine en Calédonie. « C’est une filière qui stagne. Les jeunes ne s’intéressent pas à prendre la relève. Il faut dire que les petits ruminants demandent plus de soins et de prévention, car ils parasitent facilement. Il faut une présence quotidienne. » 

Un autre aléa, ce sont les attaques de prédateurs, en l’occurrence les chiens sauvages, que les clôtures n’arrêtent pas toujours. Dans le dernier mois, Jacky Daigneau a ainsi perdu pas moins de quinze brebis. Et puis, il y a les conditions de sol et de climat, qui ne sont pas toujours faciles, et qui donnent des pâturages qui ne sont pas assez riches, non sans conséquences sur la qualité de la viande ou du lait produit.

Bref, pour élever du mouton, il faut sérieusement s’accrocher. Et faire autre chose, soutient Martine Berger, à la DDE de Koumac : « Un éleveur ne peut pas vivre que du mouton ; c’est un revenu complémentaire, estime-t-elle. Brebislait a la chance d’avoir Finagro pour son démarrage. Mais un petit producteur, seul, ne pourrait pas monter un tel projet. » Cependant, il y a de l’espoir : « Aujourd’hui, on a mieux cerné les problèmes de parasitisme, de races, d’affouragements. On a des solutions à tous les problèmes », poursuit-elle.

Et c’est justement le but recherché de l’UPRA OC qui organisait la visite. « C’est l’occasion pour les professionnels du milieu de se rencontrer et d’échanger afin d’améliorer l’outil de production, dit Jean-Marc Devillers, technicien à l’UPRA-OC. Il faut que nous travaillions dans un esprit de filière pour pérenniser l’activité des éleveurs. »

Photo : A. P.

Quel avenir pour la filière ovine-caprine ?, Les Nouvelles Calédoniennes, 26 février 2011.

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