Risques au travail : le harcèlement préoccupe

La Direction du travail et de l’emploi (DTE) et la Cafat ont invité hier les entreprises à s’intéresser aux risques psychosociaux. Une deuxième conférence a également lieu ce matin, à l’hôtel La Néra, à Bourail.

Par Aude Perron

Signe que le sujet est dans l’air du temps, plus d’une soixantaine de patrons, de salariés et de représentants syndicaux ont participé hier à la « Matinée de prévention », un rendez-vous régulier de la Direction du travail et de l’emploi (DTE) et de la Cafat, portant cette fois sur les risques psychosociaux.

Le but : rappeler la réglementation et aider les entreprises à évaluer et prévenir ce type de risques, car ils mettent en jeu l’intégrité physique et la santé mentale des salariés. Et impactent le bon fonctionnement des entreprises. Ces risques vont du stress à la violence verbale, au harcèlement moral ou sexuel, jusqu’à l’agression physique.

Les Anglo-Saxons, un exemple ?

Une chose est vite apparue dans le débat : le harcèlement – et ce qui n’en est pas – semble une préoccupation partagée. « On ne peut plus recadrer notre personnel sans se faire taxer de harcèlement », se plaint un entrepreneur dans le milieu du transport. « On ne peut plus mettre les gens au travail, opine André (*), ancien cadre, aujourd’hui gérant de sa propre entreprise. Il y en a qui considèrent le boulot comme un loisir et donc, qu’il ne faut pas les embêter. » On l’aura compris : la grande difficulté, c’est que ces risques sont souvent invisibles. Et sujets à interprétation, selon Laurent Grave, de la Cafat, qui doit parfois réaliser des arbitrages délicats entre deux visions opposées des faits. Ce dernier donne l’exemple d’une employée qui vivait comme du harcèlement les blagues déplacées d’un collègue : « Il ne se rendait pas compte à quel point elle trouvait cela gênant », indique le technicien de prévention.

Mais pour Jean-Philippe (*), qui travaille pour un groupe international, ce genre de situation est évitable, quand on prend le temps de réfléchir avant d’agir : « Est-ce que ce collègue aurait pu raconter ces blagues devant sa femme ou ses enfants ? Non ? Alors, c’est que c’est déplacé. Il aurait dû se poser la question. »

Même chose pour le contenu des e-mails qu’on envoie, selon lui : « Vous seriez capable de les publier en une d’un journal ? » Cette tolérance zéro dans les comportements lui est venue d’un séjour de plusieurs années en Australie où un rappel de la politique du groupe était effectué chaque année. « Ce serait bien de s’inspirer de ce qui se passe dans les pays anglo-saxons. On a des progrès à faire ici », estime ce Calédonien. En attendant, les différents intervenants de la conférence ont offert des pistes de solution pour prévenir les risques psychosociaux, dont la reconnaissance des salariés, leur évolution professionnelle et une meilleure communication au sein de l’entreprise.

(*) Prénoms d’emprunt

Photo : Jaquotte Samperez

Risques au travail : le harcèlement préoccupe, Les Nouvelles Calédoniennes, 16 juin 2016.

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