Séduire les tour-opérateurs voisins

Cette semaine, des tour-opérateurs australiens et néo-zélandais sont en visite sur le Caillou.Objectif : faire programmer la Nouvelle-Calédonie dans leur offre en développant des packages adaptés à leurs clients.

Par Aude Perron

Allongée sur un transat de l’île aux Canards, lunettes de soleil sur les yeux, Sharma Smith est au travail. Lundi et pour le reste de la semaine, la jolie voyagiste de House of Travel, en Nouvelle-Zélande, est en visite à Nouméa et ses environs : elle teste la destination, en compagnie d’autres tour-opérateurs kiwis et australiens ainsi que de représentants de magazines spécialisés. « Je suis déjà venue, il y a deux ans, pendant cinq jours, pour tester les hôtels. Cette fois-ci, on expérimente tous les genres de prestations. »

La côte d’azur du pacifique

Tour gastronomique au départ du marché de Port-Moselle, visite au Parc forestier, excursion dans le Grand Sud et à l’île des Pins et bien sûr, farniente à l’île aux Canards, les doigts de pied en éventail.

« La Nouvelle-Calédonie est une destination mal connue alors qu’elle est si proche, commente Sally Pepermans, représentante de Nouvelle-Calédonie Tourisme Point Sud (NCTPS), à Auckland. L’idée de faire venir des tour-opérateurs et de la presse spécialisée, c’est de la faire connaître à travers leur expérience personnelle, avant qu’ils n’envoient des touristes ici. »

Leila Boyer, de France at Leasure, à Brisbane, n’a pas remis les pieds en Calédonie depuis quinze ans. « C’est formidable ce qu’ils ont fait avec cet îlot, s’exclame la tour-opérateur australienne, en regardant autour d’elle. A l’époque, il n’y avait rien ici. Comme on peut faire des soirées privées, cela pourrait intéresser des clients à la recherche d’une expérience exclusive. »

Ou pour des mariages ou des « Mice » (Meetings, incentives, conferences, and exhibitions), ajoute-t-elle. Si la voyagiste de Brisbane s’est spécialisée dans les destinations européennes et notamment la France, elle pourrait créer des packages sur la Nouvelle-Calédonie. « J’aimerais bien trouver une formule qui montre qu’ici, c’est la Côte d’Azur du Pacifique. Il faudrait mettre l’accent sur la gastronomie française, réfléchit-elle à voix haute. Les Australiens sont friands de cela. »

Pas de kid’s club ou de tout inclus

Sharma Smith fait une analyse semblable, qualifiant le Caillou de « goût de l’Europe au pas de votre porte ». Cependant, ce goût a un coût, surtout en comparaison avec Fidji ou les îles Cook, où les Néo-Zélandais apprécient de se rendre, généralement dans des tout-inclus à prix avantageux.

Mais tandis que ces dernières destinations s’adressent à des budgets plus petits ou à des jeunes familles à la recherche de clubs enfants, « la Nouvelle-Calédonie attire un touriste plus mature, qui a déjà voyagé. »

C’est donc ce touriste « mature » qui est visé et peut s’offrir le package sept jours au Méridien de l’île des Pins pour la rondelette somme de 183 000 francs.

Malgré tout, pour rester accessible à toutes les bourses – le Kiwi étant « très sensible aux prix » -, la voyagiste continue d’offrir un package de base : quatre nuits pour 78 000 francs au Ramada ou au Nouvata Parc.

Si les packages offerts par le grossiste devraient rester plus ou moins les mêmes, le séjour de Sharma Smith ne sera pas inutile pour autant. « Quand je suis venue il y a deux ans, l’anglais n’était pas forcément écrit ou parlé partout. Maintenant, dans les menus, sur les papiers à remplir à l’aéroport ou dans les services, je remarque que l’anglais est plus présent. » Un progrès que ses clients devraient à coup sûr apprécier.

Photo : A. P.

Séduire les tour-opérateurs voisins, Les Nouvelles Calédoniennes, 26 mai 2016.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *