« Tout ça pour ça ! »

Après plusieurs tests d’ouverture et de fermeture ces dernières semaines, il a été décidé depuis lundi que le giratoire Berthelot sera fermé matin et soir à la circulation aux heures de forte affluence. Qu’en pensent les usagers ?

Par Aude Perron

Il a le don de susciter les passions, ce rond-point Berthelot. Suite au nouveau plan de circulation que la mairie a rendu effectif lundi, les automobilistes n’ont pas hésité à y aller de leurs commentaires sur Internet. Ce n’est pas la fermeture aux heures de pointe qu’ils critiquent, c’est toute la saga autour du nouvel aménagement, son pont routier et son coût. « Tout ça (1 milliard), pour ça (pour seulement 1 500 usagers du nouveau pont) », résume l’un. « La fin de la valse ? Mais non, les conneries sont éternelles », ajoute un autre.

Surprise. Quoi qu’il en soit, il est aujourd’hui fonctionnel. Finis les tests d’ouverture et de fermeture : le plan de circulation en vigueur devrait l’être pour un moment. De quoi soulager Françoise, résidente de Ducos. « Franchement, j’ai trouvé que ça manquait de signalisation pendant les tests. Une fois, je suis arrivée dans le rond-point et c’est seulement là que je me suis rendu compte que ça ne passait plus. C’était un peu dangereux », confie-t-elle. Christophe, responsable du fret chez Arc-en-Ciel, une société de transport nouméenne, n’était pas au courant du nouveau plan de circulation. Cependant, il emprunte le giratoire cinq à dix fois par jour, « parfois plus ». Alors que ce dernier soit fermé aux heures de pointe, pour lui, « c’est une bonne chose ».

Piège. Le président de l’association des radio-taxis de Nouméa abonde dans ce sens. « C’est un mieux, concède Jacques Leyraud, qui passe ses journées sur la route. Mais ce n’est pas le summum. Pour régler le problème, il faut un souterrain comme à Tahiti. » Et de souligner les incohérences du réseau routier, comme le passage à une voie au niveau de Koutio, par exemple : « Il n’y a pas qu’à Berthelot que ça bouchonne », rappelle-t-il.

« C’est un coup d’épée dans l’eau, résume Martine Cornaille, d’Ensemble pour la planète, pour qui le nouvel aménagement tient d’une vision à court terme. L’avenir n’est pas au tout-voiture et ces ponts routiers sont détruits ailleurs dans le monde. Mais le problème ici, c’est que les gens n’ont pas le choix : on ne leur propose pas d’alternative. Ils sont pris au piège. »

Photo : Archives LNC

« Tout ça pour ça ! », Les Nouvelles Calédoniennes, 24 avril 2015.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *