Tout est bien qui finit bien

Hier, c’était le retour en classes pour quelque 400 élèves de la commune, de la Petite section au CM2. Une rentrée qui s’est faite en douceur, en dépit des circonstances. Dernière à entrer en piste : l’Immaculée qui commencera vendredi.

Par Aude Perron

Avec le bouleversement de la carte scolaire, des travaux de rénovation inachevés dans certains établissements et un retour en classe qui a été différé à lundi à moins de 48 heures d’avis, la rentrée à Koné ne s’annonçait pas des plus fluides. Et pourtant, compte tenu des circonstances, elle s’est faite sans heurts. « Ca a été très calme, confie avec soulagement Josiane Poaracagu, directrice de l’école Les Allamandas, qui compte 91 enfants dans 4 classes. Les élèves du primaire semblaient contents de retrouver leur ancienne école. » En effet, l’établissement était, encore l’an dernier, une école de cycle qui comptait plusieurs classes de Petites et Moyennes sections, faisant en sorte que tous les enfants du village l’ont fréquenté pendant deux ans. 

C’était jusqu’au remaniement de la carte scolaire qui a transformé les écoles publiques du village en écoles de quartiers pour la rentrée 2011. Cela a donc demandé des travaux de rénovation pour que chaque établissement puisse accueillir tous les niveaux, de la maternelle au primaire, avec des salles, du mobilier et des toilettes adaptés. Et jeudi dernier, il y avait encore du travail à faire. Aux Allamandas, la peinture était fraiche du week-end et les tableaux venaient tout juste d’être posés. 

Quant à Atitu, la nouvelle école primaire de Poindah, il reste encore plusieurs semaines de travaux. Mais les salles de classes et la cantine étaient prêtes ce lundi matin pour recevoir les quelque cinquante enfants des tribus de Bopope, Netchaott, Noelly et Néami, répartis en trois classes : CE2, CM 1 et CM2. La journée a débuté non pas par le traditionnel appel des enseignants, mais par une petite cérémonie coutumière avec la mairie, les parents, les professeurs et la grande chefferie de Poindah. Puis tandis que les élèves intégraient leur nouvelle classe, les parents ont pu découvrir les lieux. « Je pense que les parents ont été surpris par la grandeur de l’endroit. C’est une belle école, sourit Jean-Paul Simebuet, directeur du groupe scolaire Atitu. Et les jeunes avaient hâte de commencer : ils étaient bien habillés et étaient presque tous présents. Il fallait qu’on commence ce matin. » Alors, comme aux Allamandas ou aux Flamboyants, le week-end a été consacré à s’assurer de la sécurité des lieux, déballer les chaises, monter les meubles et poser les tableaux. 

Nouvelle venue dans le paysage scolaire de la commune, la petite école primaire de Tiaoué a débuté, elle aussi, les cours ce matin avec 17 élèves inscrits de la Petite section au CE1. Cela faisait une quinzaine d’années que l’école confessionnelle de la tribu avait fermé les portes. « Pour ces enfants qui n’ont plus à se rendre au village, cela signifie se lever plus tard le matin, arriver plus tôt à la maison et passer plus de temps avec leurs parents, insiste Patrick Robert, secrétaire général de la mairie de Koné. Je ne vois pas comment on peut critiquer la nouvelle carte scolaire. »

Seule ombre au tableau : exception faite d’une collègue, toutes les enseignantes des Cigales sont en débrayage, depuis le retour en classe qui, là, a eu lieu jeudi dernier. En cause ? Un poste, pourvu avant les grandes vacances a été perdu au profit des Flamboyants, dont les effectifs ont bondi. « Nous pouvons gérer de grandes classes sur plusieurs niveaux, là n’est pas le problème, assure maîtresse Sylvie. Ce que nous ne voulons pas, c’est le changement en cours d’année scolaire. Ca perturbe les enfants et les parents. » En effet, il risque d’y avoir une redistribution des cartes à court terme car de nouveaux logements sortent de terre autour des Cigales, amenant son lot d’enfants. Un nouvel enseignant pourrait donc être attribué aux Cigales, mais la répartition des classes et des niveaux. Une rencontre entre le personnel enseignant, la mairie et la DEFIJ devrait avoir lieu jeudi.

Des effectifs à surveiller de près

Les effectifs scolaires sont passés de 524 en 2010 à 590 en 2011, soit une progression de 12 %. Mais cette augmentation ne va pas s’arrêter en si bon chemin car de nouveaux logements doivent être livrés en cours d’année. En tout, 173 maisons et appartements sont attendus, venant gonfler les effectifs des écoles de la commune. « Cela entrainera la création de nouvelles classes et de nouveaux postes durant l’année », confirme Patrick Robert. Et c’est pourquoi la mairie planche déjà sur la création du groupe scolaire Téari (ex-Green Acre), prévu en 2013, dont les 16 classes viendront désengorger les Flamboyants.

Photo : A. P.

Tout est bien qui finit bien, Les Nouvelles Calédoniennes, 22 février 2011.

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