Un amoureux obstiné

C’est l’histoire de Charles, un représentant en machinerie agricole du Morvan qui – chaque week-end – anime des soirées karaoké en égrenant les classiques d’Aznavour.

Par Aude Perron

Il est fou de sa femme, Maryse qui, on le comprend au bout d’un moment, l’a quitté pour son amant. Depuis ce choc qui s’est produit la veille ou il y a cinq ans – on ne le saura pas -, la flamme de son amour pour elle n’a pas vacillé et il n’a qu’une seule idée en tête : la reconquérir. « Charles défend l’idée de l’amour éternel, explique Vincent Garanger, qui incarne sur scène cet amoureux obstiné. Sa femme le trompe, elle est partie, mais ce n’est qu’un obstacle qu’il faut franchir, coûte que coûte. C’est un éloge à la persévérance, à l’amour qui dure dans le temps ».

Un personnage inquiétant et magnifique

Ce Charles est-il magnifique ? Est-il pitoyable ? Certainement un peu des deux. « Avec son extrémisme, il a des aspects qui font peur, il est dangereux. Il est également pathétique avec son côté donquichottesque. Mais on peut rêver d’être aimé de façon aussi absolue », estime le comédien de 55 ans, auquel les bretelles et les baskets donnent un petit air d’adolescent.

Dangereux, ce Charles, dans son obsession. A telle enseigne que le spectateur se demande où est ce personnage principal : dans la réalité ? Dans sa tête ? En prison ? « C’est la grande énigme de la pièce. Toutes les possibilités sont là », pose Vincent Garanger.

Le choix du lieu où se déroule l’action, la France rurale, n’est pas anodin. C’est une France de gens simples, des gens qui ont grandi avec les chanteurs de variété française qu’ils écoutaient à la radio : les Gainsbourg, France Gall, Delpech et autres Ferrat. « C’est l’environnement provincial d’une certaine époque, confirme le directeur du Préau, le Centre dramatique régional de Basse-Normandie. Avant internet, les MP3 et l’invasion de la chanson américaine ».

Même si le personnage principal est un fan inconditionnel d’Aznavour, la pièce n’est pas un hommage à ce dernier. Deux ou trois extraits sont interprétés, tout au plus. Mais Vincent Garanger devra les chanter encore souvent, puisque Quand j’étais Charles est au début d’une tournée d’une annnée, l’équivalent d’une centaine de réprésentations.

Au Théâtre de l’Île, ce soir et demain soir à 18 heures.

Photo : Tristan Jeanne-Valès

Un amoureux obstiné, Les Nouvelles Calédoniennes, 17 octobre 2015.

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