Un marché annuel de 500 millions de francs

En juin dernier, environ 75 entreprises calédoniennes, dont 70 % venaient de la province Sud, se sont retrouvées à Koné pour écouter Koniambo Nickel SAS (KNS) présenter ses besoins prochains en maintenance industrielle pour sa phase d’exploitation. Les appels d’offre doivent s’échelonner jusqu’en 2012.

Par Aude Perron

Entretien et réparation de pneus, pompes, tuyaux, moteurs, travaux de soudage, maçonnerie, usinage, etc. : au total, c’est une dizaine d’activités de maintenance que KNS compte en partie sous-traiter. Les appels d’offre seront lancés de manière échelonnée, à partir du troisième trimestre de cette année jusqu’en 2012. « Si on les annonce à l’avance, c’est pour donner du temps aux entreprises de se préparer et de former des alliances », explique Didier Ventura, vice-président des opérations.

Au total, cela représente un marché estimé à 500 millions de francs par année, dont la moitié en matériel et l’autre moitié en prestations de main d’œuvre. Et sur le marché que représentent les prestations de main d’œuvre, Didier Ventura évalue que KNS en sous-traitera 40 % : « Ces marchés sont à la portée de tous. Pour certaines entreprises, c’est tout de suite, pour d’autres, cela demandera des efforts de préparation. »

Des efforts à faire

Mais pour bien des personnes présentes, ce ne sera pas si aisé. « Cinq cents millions ? Cela nous parait faible, observe notamment Frédéric Baud, représentant des ventes chez Boniface, un fabricant nouméen d’accessoires de manutention. KNS table sur un ouvrier payé environ 3200 francs de l’heure : c’est irréaliste. » Car il y a les astreintes qui entrent en ligne de compte et qui augmentent le coût d’un employé. En effet, KNS demande que le sous-traitant soit en mesure d’intervenir dans un délai de deux ou trois heures en cas d’urgence et ce, sept jours sur sept. « C’est tout à fait normal d’exiger cela, concède Frédéric Baud. Une usine tourne toujours 24h sur 24 et un arrêt est très lourd de conséquences. Mais il faut compenser ces astreintes et dans ce cas, un ouvrier coûte plutôt 5000 francs de l’heure. » Et pour cette entreprise à Ducos, intervenir aussi rapidement signifie qu’elle devra monter une petite structure dans le Nord. Un pensez-y bien.

À cet égard, ce sera moins compliqué pour Daniel Dupa, dont l’entreprise, SARL Centre de Réparation et de Vulcanisation du Pneu, a l’avantage d’être située dans la zone industrielle de Koné. Il peut donc se rendre sur le site de Vavouto dans les 20 minutes suivant un coup de fil de KNS. Il se trouve donc bien positionné pour répondre à l’appel d’offre sur la maintenance des pneumatiques d’équipements mobiles : « Nous sommes les seuls en Calédonie à pouvoir vulcaniser cinq pneus à la fois. J’ai l’équipement nécessaire pour répondre à l’appel d’offres. Ce qui va être dur pour nous, c’est de trouver le complément de personnel, des gens qui veulent travailler. » 

Photo : A. P.

Un marché annuel de 500 millions de francs, Objectif, août-septembre 2010, p. 34.

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