Fabical-Batibois investit dans le Nord

L’entreprise de matériaux de construction Fabical-Batibois vient de poser le pied en province Nord, dans la zone artisanale de Pouembout. L’enseigne promet du choix, du service et des prix identiques à ceux de Nouméa, quitte à rogner ses marges. Une stratégie marketing et territoriale ambitieuse.

Par Aude Perron

Cela fait environ cinq ans que Mario Cugola, air bonhomme et sourire à fossettes, attendait ce jour. Le 30 juillet dernier, après de longues recherches pour trouver l’emplacement idéal, le directeur de Fabical-Batibois, à Nouméa, a inauguré l’implantation en province Nord de son enseigne. S’agit-il seulement d’un simple joueur de plus dans ce domaine qui veut profiter de l’effervescence dans la zone Voh-Koné-Pouembout (VKP) et des projets d’habitation qui fleurissent de part et d’autre de la RT1 ? Pas tout à fait car celui-ci risque de créer une petite commotion : il veut rafler 40 % du marché d’ici un an ! Et pour cela, il s’est donné les moyens.

Situé dans la zone artisanale de Pouembout, le nouveau commerce ne sera pas aussi imposant que le mastodonte de Ducos, dont l’enseigne est impossible à rater pour peu qu’on se promène rue Ampère. Tout de même, le dock de 600  m2 bénéficie de 3000 m2 de surface de stockage extérieur. Y sera proposée une gamme de matériaux de gros oeuvre destinée aux particuliers, aux professionnels et aux communes : bois de charpente, fers à béton, treillis, ciments, agglos…

Assistance technique aux entreprises

Mario Cugola promet que les prix seront les mêmes qu’à Nouméa, et ce, malgré le fait que les matériaux auront parcouru 250 kilomètres. « Les gens du Nord veulent avoir les mêmes possibilités que ceux du Sud. Pour cela, on prend sur nos marges. C’est notre choix », explique l’homme d’affaires. 

Aussi, Fabical souhaite apporter du service à l’image de Fabical-Batibois Nouméa (six employés et cadres commerciaux), prestation qui génère 80 % de son chiffre d’affaires. Alors, si ça marche dans « la capitale » pourquoi en serait-il autrement dans le Nord ? « Ici, les entreprises sont demandeuses, estime Mario Cugola. On va donc démarcher le client et lui proposer une assistance technique sur son chantier. On ne va pas attendre qu’il vienne à nous. » Cependant, si Fabical-Batibois entend bien se faire une place au soleil, son directeur n’en demeure pas moins prudent. « Nous ne sommes pas à l’abri des risques, estime-t-il, évoquant certains paramètres comme la défiscalisation ou la nouvelle taxe communale d’aménagement qui pourraient influencer son volume d’affaires. Mais, il est certain que l’usine du Nord va se faire et que VKP va devenir une énorme ville. »

Photo : A. P.

Fabical-Batibois investit dans le Nord, Objectif, août-septembre 2010, p. 34.

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