Mardi soir, des étudiants en doctorat à l’UNC se sont prêtés au jeu d’exposer en 180 secondes leur sujet de thèse. Le but : vulgariser la recherche et attirer vers elle le grand public. Pari réussi.
Par Aude Perron
L’assistance était conséquente, mardi soir, au grand amphithéâtre de l’Université de Nouvelle-Calédonie. Plus de cent personnes sont venues écouter les candidats de « Ma thèse en 180 secondes », un concours international, né en Australie en 2008. Une première au pays.
S’adressant aux doctorants, l’objectif du concours est de vulgariser son sujet de thèse pour le rendre accessible et d’intérêt public. Temps imparti : 180 secondes. « C’est un outil naissant de rayonnement de notre université et de la qualité de ses travaux », pose Gaël Lagadec, président de l’établissement d’enseignement supérieur.
Plantes, microbes et histoires d’amour
Sept candidats – sur la cinquantaine de doctorants inscrits à l’UNC et rattachés à différents centres de recherche tels que l’IRD, l’IAC ou l’IFREMER – se sont prêtés au jeu, avec pour seul support, une diapo sans animation. Ils ont défilé devant les cinq membres d’un jury, représentant l’université, la province Sud, le haussariat et l’Adecal.
Si certains doctorants ont trouvé l’exercice laborieux, d’autres ont été capables de jouer la carte de l’humour en présentant leur sujet sous forme de fable, d’enquête policière ou de poème d’amour. C’est le cas de Bryan Vincent, qui a commencé son exposé avec un soupir qui a amusé le public : « Ah, l’amour… », puis s’est lancé dans l’explication de la symbiose, une « relation intime » entre une plante et un microbe. « Ce n’était pas facile comme exercice. D’abord parce qu’avant d’attaquer mon sujet, il fallait déjà expliquer la symbiose, explique-t-il, une fois l’épreuve terminée. Mais la science, c’est du partage. »
Julia Soewarto a fait fort en comparant son sujet – la rouille des myrtacées – au jeu vidéo très connu « Plants vs Zombies », dont les sympathiques plantes sont venues illustrer sa diapo. « Quand j’ai trouvé l’idée, c’était l’illumination. Cela m’a pris une semaine pour me préparer. Malgré tout, j’étais apeurée à l’intérieur », confie-t-elle, après son exposé.
Nouméa, Bordeaux puis Marrakech
Anne-Clémence Duverger, elle, s’intéresse aux systèmes de mobilité et de transports inter-îles en Calédonie et au Vanuatu. « Comme on l’a vu à Maré en août 2011, les transports peuvent cristalliser des tensions », explique la jeune femme qui enseigne l’histoire-géographie au lycée français de Port-Vila pour payer ses études. Elle a fait le déplacement exprès pour le concours.
Après une vingtaine de minutes de délibération et le dépouillement des 147 votes, les résultats sont tombés : Jérémy Anso s’est vu remettre le prix du public, honorifique, pour son exposé sur de « sympathiques » grillons, indicateurs de la santé d’un écosystème. Quant au prix du jury, il a été décerné à Julia Soewarto. Elle représentera le Caillou à la finale nationale, les 30 et 31 mai à Bordeaux, aux côtés de 27 autres finalistes d’universités et centres de recherche de Métropole et des outre-mer.
L’événement est organisé depuis 2014 par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et la Conférence des présidents d’université (CPU). Et le grand gagnant ira se frotter à ses camarades de la francophonie, fin septembre à Marrakech.
Retrouvez les exposés des doctorants en vidéo sur le site internet de l’UNC.
Photo : A. P.
Un peu d’humour ou d’amour dans ce monde de thésards, Les Nouvelles Calédoniennes, 28 avril 2016.

