Soucieuse de commémorer le 14 juillet avec un vrai monument aux morts, la mairie a fait installer mardi midi un poilu provisoire. Tiendra-t-il la nuit sans qu’on lui en fasse voir de toutes les couleurs ?
Par Aude Perron
C’est presque une invitation. Le nouveau poilu, en marbre, est d’un blanc immaculé. Arrivé de Tarbes où il a été sculpté à la main, il vient d’être installé sur le monument aux morts de Koné en vue des commémorations de la Fête Nationale. Simplement, il doit passer la nuit sans se faire vandaliser comme son triste prédécesseur, le guerrier kanak, qu’on a retrouvé le matin du 13 mai dernier, bombé aux couleurs de la République. Mais à la mairie, on n’avait pas le choix de le faire poser la veille, puisque tous les employés sont en congé le 14 juillet. « On espère que tout se passera bien », confie-t-on aux services techniques.
En attendant, on s’affaire à mettre la touche finale au programme de la commémoration qui doit débuter à 8h30 avec l’accueil des personnalités officielles. Après les discours et le dépôt des gerbes de fleurs, les volontaires du SMA, les gendarmes et les pompiers prendront part au défilé traditionnel. Un cocktail dans le faré de la mairie clôturera le tout.
Le poilu, quant à lui, ne fera pas là de vieux os. Il doit être retiré jeudi et rangé en attendant que l’on en sache plus sur le nouveau monument aux morts. Ce dernier devrait être situé en bas de la gendarmerie de Koné, sur un petit terrain dont la mairie prévoit faire l’acquisition. Suite à cela, les travaux du nouvel emplacement pourront commencer. Ensuite, qui trônera sur le monument ? Un poilu ? Un guerrier kanak ? Indonésien ? Rien n’est encore décidé, mais beaucoup de pistes sont en cours de réflexion. Affaire à suivre.
Photo : A. P.
Un poilu blanc comme neige, Les Nouvelles Calédoniennes, 14 juillet 2010.

