Ateliers, spectacles, rencontres et séances de dédicace avec des auteurs locaux, vente de livres : la programmation de la 10e édition de la Semaine du livre est riche et variée.
Aude Perron
Cela tombait bien cette année : depuis maintenant 17 ans, l’UNESCO célèbre la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, le 23 avril. Pour démarrer la 10e édition de la Semaine du Livre, difficile de trouver mieux. Tous les partenaires étaient donc réunis ce matin, à la Médiathèque Ouest, pour donner le coup d’envoi à la fête. Elle se fera sous les auspices du développement durable pour faire écho au colloque sur ce thème qui se déroule à l’auditorium de la Médiathèque, du 24 au 26 avril, organisé par l’IRD et l’UNC. Dans les faits, le public trouvera une table thématique sur le sujet avec des essais, des albums, des DVD, une exposition sur le développement durable, de photos du concours « L’eau Cal’ : c’est la vie » et des ateliers animés par le Centre d’Initiation à l’Environnement.
Bien entendu, les auteurs du Caillou seront présents, notamment ceux dits «de proximité», tels que Jean-Yves Meuric et Noella Poemate. « Dans la région VKP, nous avons plusieurs auteurs, auxquels il faut ajouter les illustratrices Isabelle Goulou, Ismaella Pourouda et Francia Boi, dit Amélence Darbois, à la Médiathèque Ouest. Il y a donc un bon potentiel dans la région pour donner aux jeunes l’envie de lire et d’écrire. »
Si c’est le livre qui sera à l’honneur jusqu’à samedi, c’est une camionnette blanche qui lui a volé la vedette, mardi matin. Il s’agit d’une librairie ambulante, nouvel outil de diffusion et de distribution de produits culturels locaux, de la Maison du Livre de Nouvelle-Calédonie et de l’Association des Editeurs et Diffuseurs (AEDE). Un cadeau de 4,5 millions de francs (coût du véhicule et aménagement de l’intérieur), de la part de la société Xstrata, dont on reconnaît la charte graphique et les couleurs sur les flancs et l’arrière du véhicule. A l’intérieur, on peut se tenir debout et feuilleter les oeuvres de nos auteurs locaux qui trônent fièrement sur les rayons immaculés. Bref, on se croirait dans une vraie petite librairie ! En tout, ce sont quelques 1150 titres différents dont fait la promotion cette librairie ambulante. « Toute la production calédonienne est représentée puisque tous les éditeurs font partie de l’AEDE, précise Jean-Brice Peirano, directeur de la Maison du Livre. En plus des livres qui représentent 90 % du contenu, on trouve également quelques DVD, CD, albums de coloriage et autres puzzles.
Le livre (et par le fait même, la production locale) devrait donc être un peu plus visible dans les prochaines années car pour l’instant, il n’existe que quatre librairies en Calédonie, toutes sur Nouméa. Dans le Nord, il faut se tourner vers les tabacs-presse, sinon les rares événements autour du livre, tels que le SILO, à Poindimié, qui lui, revient seulement aux deux ans. Dans ces conditions, il est plus facile de comprendre pourquoi « seulement 800 ouvrages locaux ont été vendus en 2011 dans les différents points de vente. Ce n’est vraiment pas beaucoup ! C’est pour cela qu’un outil comme cette librairie itinérante est important », plaide Jean-Brice Peirano.
Auteur et professeur de français au collège de Tiéta à Voh, Noella Poemate fait partie de ces ambassadeurs du livre en Calédonie. Mais elle est inquiète : « Avec les mobilis, les écrans, les tablettes, les jeunes n’ont pas le réflexe du livre. Ils veulent aller vite et il faut que ce soit facile. Or, lire prend du temps et cela demande un effort. Se cultiver ou apprendre de nouveaux mots de vocabulaire, c’est du temps et des efforts. S’ils ne lisent pas maintenant, à mon avis, ils ne liront pas plus tard. » L’association Lire en Calédonie, qui fête son 20e anniversaire d’existence cette année, livre un combat semblable qu’elle commence au primaire : « Il faut commencer tôt et faire de l’enfant un ambassadeur du livre, estime Juliette Maes, présidente de l’association. Car le livre est plus qu’un divertissement : c’est un facteur de cohésion sociale, de découverte, un lien d’échange. C’est la pensée humaine qui circule, donc il favorise l’émergence d’une identité et notre émancipation culturelle. »
Au programme :
Rencontre et dédicace avec des auteurs locaux : Jilème, Firmin Mussard & Papou, Luc Camoui & Waxen Wayewol, Jean-Yves Meuric, Noella Poemate et Léopold Hnacipan. Une jeune auteur de Métropole, Estelle Nollet, en résidence au Randell Cottage de Wellington en Nouvelle-Zélande, ira également à la rencontre du public calédonien.
Librairie et vente de livres dans la librairie ambulante de la Maison du Livre de la Nouvelle-Calédonie, nouvel outil de diffusion et de distribution de produits culturels locaux. Plus de 1100 titres sont disponibles.
Une brocante de livres et vide-grenier, le samedi 27 avril, de 8h-12h.
Des ateliers sur différents thèmes : bande dessinée, écriture, illustration, multimédia, développement durable, fabrication de sacs en papier journal, tressage, marionnettes, etc. Ils seront assurés par des auteurs, mais aussi des partenaires tels que le Centre d’Initiation à l’Environnement, le collège de Koné, la Médiathèque Ouest, l’Office de développement de la Cyberculture (ODC).
Un spectacle burlesque «Le Magic Brocoli Show» par la compagnie de théâtre Nez à Nez. 24 avril, à 14h.
Animation et point de vente des albums jeunesse écrits et illustrés par des élèves du Lycée de Pouembout : Titêtu, Choutine et Mosso. Les films d’animation de ces albums jeunesse seront également projetés.
Horaire : du mardi au vendredi, de 8h à 18h et samedi, de 8h à 12h.
Le chiffre. 800. C’est le nombre d’ouvrages locaux qui ont été vendus en 2011 dans les différents points de vente du pays.
Photo : A. P.
Une librairie ambulante, Les Nouvelles Calédoniennes, 24 avril 2013.

