Vavouto entre deux phases

La démobilisation est bel et bien entamée au chantier de l’usine du Koniambo. Mais c’est une nouvelle ère qui s’ouvre, celle des opérations, qui représentent des opportunités nouvelles pour les entreprises.

Par Aude Perron

L’activité continue de battre son plein au chantier de l’usine du Koniambo et les travaux avancent. Les récents tests de mise en service du convoyeur, qui doit acheminer le minerai du massif jusqu’à l’usine pyrométallurgique, l’atteste sans conteste. Pourtant, 2012 marque la fin d’une période : la démobilisation des engins est bel et bien engagée et devrait se conclure à la fin de l’année prochaine. 

Cependant, 2012 est également le début d’une autre car si tout va comme prévu, du nickel devrait être coulé pour la première fois d’ici la fin de l’année. Le symbole est fort : l’usine du Koniambo passera ainsi de la phase de construction  à celle de l’exploitation. « Nous sommes entre deux phases, explique Pierre Kolb, vice-président et responsable de la communication, à l’association Ecko (Entreprises Calédoniennes pour le projet Koniambo). La première coulée de nickel, prévue à la fin de cette année, marque le passage de l’une à l’autre. De la construction, nous allons basculer dans l’exploitation. » 

En effet, pour Ecko l’exploitation représente des opportunités à prendre et l’association entend bien continuer à jouer son rôle, soit de permettre aux entreprises de saisir des marchés dans la construction et désormais, dans l’exploitation prochaine de l’usine du Koniambo. Cependant, ce basculement signifie des besoins et des échéances différentes. Un passage de témoin est donc en train de s’opérer progressivement entre les différentes entreprises calédoniennes. Exit les sociétés de BTP et place à celles en maintenance industrielle. Cela représente des métiers très différents : mécanique, instrumentation, automatisme, électricité ou chaudronnerie. 

Pour s’assurer que l’usine du Koniambo puisse trouver ces compétences localement, Ecko a mis en place une formation d’instrumentiste, sur trois semaines, en partenariat avec la CCI, l’Institut de Régulation et d’Automation (IRA) ainsi que les entreprises locales qui souhaitaient monter en compétences. Cette formation permet de maintenir les instruments installés sur les unités d’une usine (secteur minier, métallurgique, agroalimentaire, etc.) 

Pour prendre le bateau de la phase « exploitation », les entreprises calédoniennes n’ont donc d’autre choix que de former leurs ressources humaines. En même temps, elles devront investir dans du matériel de maintenance pour assurer à l’industriel les services demandés : véhicules, grues, poste à soudure, atelier de sablage, peinture, réparation de pièces, pont roulant, groupe électrogène ou autre échafaudage. Cela peut représenter des sommes allant jusqu’à plusieurs dizaines de millions de francs. « Ce changement de phase sera déstabilisant pour les entreprises, admet Pierre Kolb. Mais celles qui se sont préparées ont de belles perspectives devant elles. »

Et si la phase de construction a permis aux entreprises calédoniennes d’engranger plus de 100 milliards de francs en retombées économiques (voir encadré), Pierre Kolb estime que la phase des opérations pourrait leur rapporter environ 10 milliards CFP par année. Des marchés moins importants, certes, mais à saisir absolument : « L’enjeu de la phase d’exploitation pour les entreprises, ainsi que pour la société calédonienne, est de tirer parti des besoins de l’industriel afin d’élever nos compétences. Grâce à des chantiers comme Vavouto, nous allons créer un tissu de compétences et d’innovation et, à notre tour, nous pourrons vendre ces dernières à l’étranger. Atteindre les standards mondiaux est un challenge formidable ! » 

Encadré : 100 milliards engagés par KNS depuis 2005

Le mandat de l’association Ecko est de faire sorte que les entreprises locales profitent le plus possible des retombées économiques de la construction et de l’exploitation de l’usine du Koniambo. Le cap des 100 milliards de francs de retombées a été atteint à la mi-2011. Et d’ici la fin du chantier, vers mi-2013, ces retombées se chiffreront à 140 milliards de francs.

Quelques faits saillants :

  • 260 contrats de marché de travaux attribués
  • 9100 commandes générées
  • 177 entreprises locales bénéficiaires de contrats directs
  • 38 % des contrats attribués à des entreprises de VKP
  • 15 % des contrats attribués à des entreprises de la province Nord (hors VKP)
  • 47 % des contrats attribués à des entreprises de la province Sud

Sectorisation des retombées, dépensées et engagées :

  • Construction : 37 %
  • Terrassement : 24 %
  • Services et transports : 18 %
  • Commandes (achats directs) : 12 %
  • Maritime : 5 %
  • Environnement, hygiène et sécurité : 4 %

Vavouto entre deux phases, SAS Vavouto, juillet 2012, p. 22-23

Photo : Marie-France Cardinal

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