La salle Sisia sera animée dès ce soir par le week-end culturel du Wetr, avec au cœur de la programmation, un poids lourd : la troupe de Lifou, qui présentera trois soirs de suite Xötr, son cinquième et tout nouveau spectacle.
Par Aude Perron
Au mur, sous les branches d’un arbre, sont projetées les ombres de deux danseurs. « Les ombres s’allument, et quand je commence à me déplacer, elles s’éteignent, c’est ça ? » Hier matin, sur la scène de l’auditorium du centre culturel Tjibaou, les danseurs de la troupe du Wetr sont en pleins tests d’éclairage. Ils préparent leur spectacle, Xötr, dont la première sera présentée au public, ce soir, puis samedi et dimanche, à 19 heures.
« Xötr, c’est ce qui grandit »
Il s’inscrit dans le week-end culturel Wetr, événement qui, pendant deux jours, mettra à l’honneur les tribus du district de Lifou à travers leurs danses, leurs musiques, leurs chants ou leurs savoir-faire. « Comme la troupe du Wetr présentait son spectacle, nous nous sommes dit que nous pourrions en profiter pour accueillir le week-end culturel », explique Emmanuel Berthelin, à la communication du centre Tjibaou, qui précise qu’entre 2 000 et 3 000 personnes sont attendues, à partir de ce soir.
Au cœur de ce week-end, donc, Xötr, la nouvelle production de la troupe du Wetr. Un spectacle constitué d’une succession de tableaux traditionnels, ayant en commun un thème, « xötr », qu’on peut traduire du drehu par « génération ». Mais c’est bien plus que ça, explique Drengen Hnamano, le jeune chorégraphe de la formation qui compte douze danseurs et un musicien : « Quand on construit la case, il y a des étapes qui se font les unes sur les autres. Xötr, c’est toutes ces étapes. C’est ce qui grandit, prend de l’ampleur. C’est ce qui évolue. »
« Deux chemins »
Voilà qui est bien à l’image de la troupe de danse, qui souffle cette année sa vingt-quatrième bougie.
La nouvelle génération de danseurs, âgés de 20 à 27 ans, souhaitait, à travers cette production, rendre hommage à ses aînés, les danseurs des débuts de la formation, dont certains ne sont plus aujourd’hui. « Car pour avancer, il faut regarder en arrière », estime Drengen Hnamano, qui danse avec le Wetr depuis l’âge de 8 ans et a participé à deux de ses productions.
Ainsi, à travers les tableaux, le public retrouvera des références aux spectacles précédents de la troupe, égrainés comme autant de clins d’œil.
Drengen reconnaît que les anciens lui ont beaucoup donné. Quand on lui propose de créer le prochain spectacle du Wetr, il sait que c’est à son tour d’en faire autant en transmettant ce qu’il a lui-même appris.
En effet, il y a tout juste un an, il est rentré de Paris avec, en poche, un diplôme d’Etat en danse contemporaine.
Au-delà de l’hommage, Xötr, c’est surtout un message, celui de « la coutume qui s’affaiblit, explique Drengen. Alors qu’est-ce qu’on fait avec ça ? Devant nous, il y a deux chemins. »
Programme du week-end
Le Week-end culturel Wetr se tiendra dans tous les espaces du centre culturel Tjibaou, demain, samedi 23 avril, de 9 heures à 17 heures et dimanche 24 avril, de 9 heures à 16 heures.
Au programme : découverte des savoir-faire des tribus du district du Wetr, à travers des ateliers artistiques, des danses, des chants et des activités artisanales.
À noter que la visite du chemin kanak sera consacrée aux médecines et aux plantes traditionnelles. Un atelier sur l’utilisation de ces plantes est prévu. Certaines d’entre elles seront également disponibles à la vente. Visite du chemin kanak : samedi, à 10 heures et à 15 heures, dimanche, à 10 heures et à 14 heures.
Entrée payante : 500 XPF en plein tarif et 200 XPF en tarif réduit.
Photo : Thierry Perron
Wetr en fête au centre Tjibaou, Les Nouvelles Calédoniennes, 22 avril 2016.

