Pour la commune de Poum qui vit pour l’heure de la pêche, de l’élevage, du tourisme et de la mine, le développement économique n’est pas encore au rendez-vous. La concrétisation d’un petit centre commercial devrait cependant apporter un peu d’activité dans la bourgade, en attendant que l’activité minière prenne de l’ampleur.
Par Aude Perron
D’ici quelques mois, le premier coup de pioche devrait être donné et si tout se déroule comme prévu, un petit centre commercial devrait enfin voir le jour à Poum, fin 2013, après trois ans d’attente et de révision de copie. Au programme : l’implantation, sur quelque 500 m2, d’un libre-service et d’une une station Shell avec deux pompes et une quincaillerie, soit environ cinq emplois à clef pour ce projet de quelque 150 millions de francs porté par la Société de navigation, de roulage et d’exploitation de la mine de Poum (Sonarep).
Pour cette filiale de la Sofinor (34 % du capital) dont l’objectif est d’apporter de l’activité économique et de l’emploi dans une commune de 1 400 âmes, enclavée au nord de la Grande Terre (à 450 km de Nouméa), la mission n’est pas si simple. Ainsi, la Sonarep qui ne veut « pas mettre tous ses œufs dans le même panier », comme le souligne Jean-Paul Pindon, son directeur et unique salarié, vit de son activité de chalandage à Poum, mais aussi à Poro et en baie de N’go, assurée par une vingtaine d’intermittents. Cependant, ce dernier continue de croire en ce projet « risqué, vu la petite taille du marché », mais qui évitera aux habitants de se ravitailler sur Koumac (Ndlr : à 50 km au sud). « Et si nous gérons bien cette petite structure, je crois que nous pourrons être à l’équilibre à l’an deux », estime-t-il.
Ressources minières
Parallèlement, le coup de fouet attendu par la commune pourrait bien provenir de la mine. En effet, l’activité de la SLN, qui exploite le massif de Poum depuis 2009, se limite pour le moment à l’exploitation de la Plaine Sud où sont produites environ 50 000 tonnes annuelles de minerai destinées aux fours de Doniambo. Une activité qui permet d’employer 20 personnes (SLN et sous-traitants à parts égales) jusqu’à l’épuisement de ce gisement, d’ici environ 5 ans, sans compter la quinzaine d’emplois générée pour l’année 2012 par le réaménagement d’une verse, sous-traité à une entreprise locale. D’ici deux ans, la SLN envisage également d’exploiter deux autres gisements, Spur A et Victoire (en bordure du Plateau de Poum), en sous-traitance (la Sonarep s’est positionnée, ainsi que d’autres acteurs de la région), permettant ainsi de produire entre 50 et 150 000 tonnes de minerai et de créer au moins une trentaine d’emplois directs. Quant à l’exploitation du Plateau de Poum, le projet s’inscrit à plus long terme : comme dans la Plaine du Sud, le minerai de ce gisement présentant des caractéristiques chimiques particulières (très acide, riche en fer et humide), il suppose, avant de pouvoir être traité dans les fours de Doniambo, d’avoir été préalablement mélangé à d’autres minerais plus basiques. Par conséquent, « notre entrée en pleine production est reportée à 2020-2022 », signale Mohamed Kadar, chef du département des sites tâcheronnés, à la SLN. Un futur âge d’or, ou « Grand Poum » comme on le surnomme à la SLN, pourrait fournir, durant 15 à 20 ans, 300 à 600 000 tonnes de minerai par an et 150 à 170 emplois. Cependant, la montée en puissance de l’activité minière soulève aussi la problématique de la ressource en eau. « L’eau potable est déjà un souci sur la commune, tant au niveau de la qualité que de la quantité », explique son secrétaire général, Benjamin Dedane qui en appelle à la vigilance, pour éviter que la situation ne se dégrade.
1400 habitants en attente de développement, Objectif, décembre 2012-janvier 2013, p. 52.
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