Le général Philippe Loiacono, patron du Service militaire adapté (SMA), est sur le Caillou pour une visite de commandement. A peine sept jours menés au pas de charge. Il revient sur les réussites et les projets du SMA calédonien.
Par Aude Perron
Les Nouvelles Calédoniennes : Pourquoi êtes-vous en Calédonie ?
Philippe Loiacono : Je commande tous les SMA depuis août 2012, il s’agit d’une visite du régiment de Nouvelle-Calédonie. C’est ma première fois sur le territoire. C’est important de rencontrer le chef de corps et le régiment et de voir et comprendre l’environnement dans lequel ils évoluent. Je rencontre donc les institutions, les chambres consulaires, les chefs coutumiers. Je rencontre aussi les entreprises pour savoir si les formations que nous dispensons sont conformes à leurs attentes.
Le régiment calédonien présente-t-il des particularités ?
L’ingénierie de la formation est partout la même, que vous soyez en Polynésie, à Mayotte ou en Guyane. Ce qui est différent, c’est la mise en oeuvre car il faut coller aux particularités économiques et institutionnelles de chaque territoire. Il n’y a qu’en Calédonie qu’on a des métiers de la mine, par exemple. Et les institutions sont différentes et nombreuses : provinces, sénat coutumier, gouvernement, congrès, etc. Mais nous avons ici tous les appuis qu’il nous faut pour remplir notre mission, c’est-à-dire permettre à la jeunesse d’aller de l’avant. C’est une mission très fédératrice.
Que vous ont dit les patrons que vous avez rencontrés ?
Les patrons mettent de l’avant les qualités foncières des volontaires : ils sont motivés, déterminés. Ils ont des réflexes de culture d’entreprise, à savoir prendre soin de son matériel, ramasser le chantier en fin de journée, saluer les clients, etc. Au bout de 8 à 10 mois de formation, le jeune est sérieux et crédible. Nos plateaux pédagogiques sont peut-être parfois vétustes et nous ne sommes pas toujours au dernier cri de la technologie, mais le savoir-être des jeunes est rehaussé et leur savoir-faire avéré. Les chefs d’entreprises croient en notre formation.
Qu’en est-il du taux d’insertion sur le marché du travail ?
En 2012, il était de 71% en moyenne dans les sept régiments. En Calédonie, il est un peu plus faible, à 62-64 %, en partie en raison de la refonte de l’EFPTA où nos volontaires poursuivaient leur formation professionnelle. Mais cela devrait se corriger et le régiment va retrouver un taux d’insertion plus conséquent. Il n’en demeure pas moins que nous avons aujourd’hui 450 volontaires et nous en formerons 600 en 2016. Donc, en valeur absolue, ce sont toujours plus de jeunes qui s’insèrent sur le marché du travail.
Pourquoi cette montée en puissance ?
Elle concerne l’ensemble des outremers. En 2009, nous avons voulu doubler nos effectifs et passer de 3000 à 6000 volontaires formés par année. Mais c’est un tout : il faut aussi des équipements, des formateurs, etc. Fin 2012, nous étions déjà à 4900 volontaires. Nous avons presque atteint notre objectif.
Que retenez-vous des volontaires calédoniens ?
L’expression dans le regard des gens, qu’ils soient jeunes ou confirmés. J’y vois de la fierté. On vous toise, même. On est aux aguets et en même temps prêt à bondir. Le regard ne trompe pas ici. Je retiens aussi le sourire des gens, mais ça, c’est commun à tous les outremers.
Photo : Ivan Cotignola
« 600 volontaires en 2016 », Les Nouvelles Calédoniennes, 27 avril 2013.

