Journaliste du magazine L’Etudiant, Camille Stromboni était sur le Caillou pour des reportages à l’Université de Nouvelle-Calédonie. Ils seront publiés sur EducProst.fr et letudiant.fr
Par Aude Perron
Les Nouvelles Calédoniennes : Quel est le but de votre mission ici ?
Camille Stromboni : Depuis cinq ans, le magazine L’Étudiant réalise des portraits des universités françaises. Nous trouvions que l’on n’en parlait pas assez alors qu’elles représentent un ensemble très important : on compte environ 75 facultés en France et elles réunissent plus de 60 % des étudiants de l’enseignement supérieur. L’opportunité s’est présentée de couvrir pour la première fois une université d’outre-mer dans le cadre de cette série, d’où ma présence en Nouvelle-Calédonie. Le dossier, sur EducPros.fr et letudiant.fr, sortira au courant du mois de juin.
En quoi consiste ce dossier ?
Dans cette série, nous essayons de montrer aux bacheliers à quoi ressemblera leur quotidien à l’université, quelles matières, quel rythme de travail, quelle ambiance, etc. L’idée est de jouer un rôle d’information car il y a un grand problème d’orientation et d’information des lycéens. Nous réalisons pour cela le portrait d’un étudiant. Ici, c’est un étudiant en troisième année en licence de lettres modernes qui s’est prêté au jeu. J’ai aussi fait l’interview du président de l’UNC, Gaël Lagadec, qui interroge les conséquences d’un potentiel transfert de l’université à la Nouvelle-Calédonie sur les diplômes, la recherche, les personnels, etc.
Qu’avez-vous découvert à l’UNC ?
J’ai été surprise par la forte coloration calédonienne de l’université. Avec un discours très net : l’UNC a un rôle à jouer dans la construction du pays et dans la formation de l’élite calédonienne de demain. Une vision que je n’ai pas entendue ailleurs. Ici, certains enseignements – les petites matières, avec faible coefficient – sont contextualisés dès les premières années d’études, en licence. Par exemple un cours de géopolitique du Pacifique en droit, ou une initiation au nengone en lettres. Cela va plus loin avec les Masters, créés il y a deux ans : plutôt que des cursus un peu généraux, l’UNC assume encore à fond la carte calédonienne. Par exemple avec un Master de droit calédonien. Cela fait de l’UNC une université particulièrement proche de son territoire.
Et en matière de recherche ?
Le tournant a été pris il y a une dizaine d’années, avec des thématiques de recherche toutes tournées vers les problématiques de l’île.
Pour les enseignants-chercheurs, cela a des avantages et des inconvénients, m’ont-ils décrit. D’un côté, leurs travaux sont consultés et lus, ce qui permet de se sentir plus utile qu’ailleurs. Et le côté original peut leur permettre de se démarquer. De l’autre, leur évolution de carrière apparaît parfois limitée par la faible reconnaissance de ces recherches, qui portent l’étiquette « locale » au niveau national.
Photo : A. P.
Camille Stromboni : « L’Université assume à fond la carte calédonienne », Les Nouvelles Calédoniennes, 20 mai 2016.

