La fin du chantier de Vavouto approche. Pour le sous-traitant CIS qui s’occupe de l’hébergement, de la restauration et de la maintenance sur le site, la démobilisation vient juste de commencer. Ainsi que la reconversion.
Par Aude Perron
Les six cantines de Vavouto sont toujours aussi grouillantes d’activité. Ici, chaque jour de semaine, environ 14 000 repas sont servis dans un bruit de couverts qui s’entrechoquent et de conversations animées. Bref, rien ne suggère la démobilisation. Et pourtant, chez CIS Nouvelle-Calédonie, la société en charge de l’hébergement, la restauration et la maintenance à Vavouto, la démobilisation vient de se mettre en branle : la construction tire à sa fin et l’effectif mobilisé sur le site, qui a connu un pic à quelque 6700 travailleurs à l’automne dernier, décline doucement.
Sans surprise, CIS suit en quelque sorte cette courbe puisque, bien qu’il y ait autant de chambres à entretenir (qu’elles logent un ou six travailleurs), il y a déjà moins de repas à préparer. Ainsi, de 540 employés en août dernier, le sous-traitant en comptera 400 d’ici la fin de l’année. « Les choses se font plutôt progressivement puisque les départs ne sont pas remplacés et que notre contrat doit être prolongé jusqu’à la fin 2013, précise Gérard Schmitt, directeur chez CIS. Mais déjà en novembre, l’industriel a repris notre activité maintenance et sur 35 emplois, une dizaine seront conservés. »
Pour autant, ce n’est pas la chronique d’une mort annoncée, loin de là. Le tout premier campement, qui comptait quelque 180 lits, sera l’une des dernières parties de la base vie à rester en place, bien que l’objectif à moyen terme soit de fermer complètement le camp. En attendant, un service de ménage sera toujours nécessaire. Et pour ces derniers et les quelque 850 employés directs de KNS et 570 travailleurs sous-traitants, il faudra proposer un service de restauration. Quelle forme prendra-t-il ? « C’est difficile de dire pour le moment si l’industriel maintiendra une cuisine sur place ou s’il privilégiera un service de repas en liaison froide ou chaude, explique Gérard Schmitt. Nous n’avons pas encore cette visibilité sur les besoins du client. » En prévision, CIS travaille sur un projet de cuisine centrale qui doit voir le jour sur la zone VKP. Futurs clients ? Potentiellement KNS, donc, ainsi que les collectivités, de Bourail à Koumac. Cette cuisine devrait employer 20 à 25 personnes qui assureront la préparation et la livraison d’au moins 4000 couverts. Un investissement de plusieurs centaines de millions de francs…
Et ce n’est pas tout : à Goro, le contrat de Sodexho, le concurrent de CIS, arrive à terme. Le nouveau marché pour l’hébergement, la restauration et la maintenance devrait faire l’objet d’un prochain appel d’offres, divisé cette fois en trois lots distincts et sur chacun desquels CIS a l’intention de se positionner. En clair, il devrait y avoir une autre vie, après Vavouto, pour CIS. « On pourrait croire le contraire car le marché calédonien est petit et il n’y a pas beaucoup de grands chantiers ici, admet Gérard Schmitt, rompu à l’exercice de mettre sur pied des bases vies et des cantines un peu partout dans le monde. Toutefois, une fois que nous sommes implantés dans un pays, nous parvenons généralement à y rester. »
Photo : Yulia Konskaia
CIS, entre démobilisation et reconversion, Objectif, décembre 2012-janvier 2013, p. 53.

