Comédiens dans un jeu de quilles

Ce soir au Théâtre de Poche, le spectateur sera la bouillonnante ambiance d’une des plus grandes manifestations du spectacle vivant. Bienvenue à Avignon.

Par Aude Perron

Dès l’entrée au Centre d’art, le décor est planté : les murs sont tapissés d’affiches de pièces de théâtre et ce, jusqu’à l’entrée de la petite salle du Théâtre de Poche. « C’est comme les murs d’Avignon au moment du festival. C’est pour mettre dans l’ambiance », résume Nathalie Doussy, metteur en scène de la compagnie Art’Scénic. Voilà donc le spectateur plongé dans la bouillonnante ambiance d’une des plus grandes manifestations internationales de spectacle vivant. Comme un chien en Avignon raconte les aventures d’une troupe de théâtre calédonienne qui se rend au festival pour la première fois. Jusque-là, c’est exactement l’histoire du collectif Art’Scénic, qui était au festival off l’an dernier pour y présenter son dernier spectacle, L’Avare de Molière en version Bollywood Là, les acteurs découvrent les joies du tractage pour inciter les festivaliers à venir voir leur pièce. « On s’est retrouvé avec 1 300 compagnies de théâtre. Tout le monde se bat pour mettre une affiche et être visible. On a même vu des gens couchés par terre, témoigne Bertrand Cuenca, un des comédiens de Art’Scénic. On savait qu’il faudrait aller chercher le spectateur, mais on n’avait pas mesuré à quel point. » Conjuguez à cela la grève des intermittents, le mauvais temps, ainsi que les contingences du vivre ensemble, « on s’est retrouvé dans des situations assez cocasses », renchérit Nathalie Doussy.

« Des situations assez cocasses »

Mais ce sont toutes ces aventures qui ont inspiré Comme un chien en Avignon, la première création du collectif, né en 2008. « Ça s’est imposé à nous, dit simplement Bertrand Cuenca. Comme le titre d’ailleurs : cette troupe est comme un chien dans un jeu de quilles. Elle essaie de trouver sa place à Avignon et renverse les codes. » Le rideau se lève donc sur une scène de petit-déjeuner des comédiens, puis s’enchaînent les différents moments de leur journée : un peu de tractage, une manifestation, une répétition, un apéro avant la préparation dans les loges. Le tout, entrecoupé de rebondissements et de surprises. « C’est du café-théâtre, rappelle la metteuse en scène, donc tout est basé sur l’énergie ». La bonne humeur est déjà au rendez-vous. Ne reste plus qu’à se frotter au public, d’ici quelques heures.

Au Théâtre de Poche, ce soir, jeudi, à 20 heures. Samedi et dimanche à 18 heures.

Photo : Jacquotte Samperez

Comédiens dans un jeu de quilles, Les Nouvelles Calédoniennes, 30 avril 2015.

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