Une grève pour rien ?

Les personnels de la vie scolaire du collège de Normandie étaient en grève, jeudi, pour demander l’embauche d’un deuxième conseiller principal d’éducation, notamment. Mais au vice-rectorat, on ne l’entend pas de cette oreille.

Par Aude Perron

Les couloirs du collège de Normandie étaient quasi-déserts, jeudi. Seules quelques dizaines d’élèves se sont présentées en cours, que les enseignants ont tenté d’assurer malgré la perturbation. Dehors, dès 7 heures, les sept personnels de la vie scolaire étaient en grève, rejoints par des enseignants pendant une heure. Ils réclament un deuxième conseiller principal d’éducation (CPE), un poste qui aurait été supprimé, il y a de cela plusieurs années. « Cet établissement est un collège 600. Il y a 582 élèves, on ne comprend pas pourquoi on est à un seul CPE. Du coup, on éteint les feux, on ne peut pas anticiper », plaide Thierry Mayerau, porte-parole des grévistes.

En cause également, le remplacement jugé approximatif d’une collègue qui a dû s’absenter deux semaines pour des raisons médicales. Son absence n’a été comblée qu’à mi-temps et sur huit jours, au lieu de dix. « On est en flux tendu, poursuit Thierry Mayerau. Dès qu’il y a un absent, c’est tout de suite plus compliqué. »

Vigilants. La situation rentrera dans l’ordre dès mardi prochain avec le retour de la collègue en question, mais les grévistes regrettent que leurs demandes restent lettre morte.

Du côté des parents, on appuie le mouvement et la nécessité d’un deuxième CPE, d’une part « pour suppléer en cas d’absence, mais aussi parce qu’on a tous en tête les images des dernières exactions commises dans certains établissements scolaires, explique Hervé Comminsoli, président de l’Assocation des parents d’élèves. Nous, parents, on raisonne en termes de bien-être des enfants et du collège. »

Mais il ne faut pas que les choses s’enveniment et perdurent, met-il en garde : « On va être vigilants. Aujourd’hui, la pédagogie est perturbée et il n’y a pas de surveillants. Le principal et son adjoint ne peuvent pas assurer la sécurité tout seuls », ajoutant que ces derniers ont joué leur rôle pour avertir les parents de prendre leurs dispositions compte tenu de la situation.

Confortable. Mais le vice-rectorat n’a pas l’intention de fléchir. Joint au téléphone en fin d’après-midi, le vice-recteur Patrick Dion estime que cette grève n’a tout simplement pas lieu d’être. « On ne met un deuxième CPE qu’à partir de mille élèves. Au collège de Normandie, on est très confortable. » Et de rappeler qu’en dix ans, l’établissement est passé de 904 élèves à moins de 600 aujourd’hui, d’où cette suppression de poste. « A Mariotti, ils sont 850 et à Koutio, 950. Et ils n’ont qu’un CPE. » Quant au remplacement de la collègue en arrêt maladie, « la règle veut qu’on ne remplace qu’à partir de quinze jours d’absence. » Au final, il le confirme : il n’y aura pas de deuxième CPE. « C’est une journée gâchée pour les élèves et le collège. »

Une grève pour rien ?, Les Nouvelles Calédoniennes, 2 mai 2015.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *