Même si le calendrier et les opérations restent à définir, la réhabilitation de la cité Pierre-Lenquette est bien en train de se dessiner. En attendant le premier coup de pelle prévu en 2016, la Sic sonde les habitants.
Par Aude Perron
Doucement. C’est un peu le mot d’ordre que s’est donné la Société Immobilière de Nouvelle-Calédonie (Sic) pour la réhabilitation de Pierre-Lenquette. C’est dès l’an prochain que devraient débuter, sur plusieurs années, la rénovation des dix bâtiments de la cité qui abritent quelque 307 logements. Cette réhabilitation est la suite d’un vaste programme qui a déjà commencé avec une première étape réalisée au début des années 2000, puis une autre, fin 2010 (voir encadré).
Pour cette prochaine étape, beaucoup de questions restent encore en suspens et la Sic ne veut pas brûler d’étapes. Depuis le début de l’année, elle organise des ateliers thématiques avec les associations de résidents. « Nous voulons obtenir la perception des locataires sur leur environnement et sur la façon dont ils utilisent l’espace intérieur et extérieur du logement. Cette année est une phase de concertation. On veut répondre à certaines inquiétudes », résume Jean-Marc Burette, directeur de la clientèle à la Sic. Car des inquiétudes, il y en aura sûrement. Quand les locataires devront-ils partir ? Où seront-ils relogés ? A quelles conditions ?
Tiroirs. A l’heure actuelle, ni le mode opératoire ni le calendrier ne sont définis. La Sic pourrait procéder avec une opération dite « en tiroirs », à savoir libérer une cage d’escaliers (donc les huit logements autour), rénover et y basculer les huit ménages de la cage d’escalier suivante, et ainsi de suite. Mais s’il s’agissait de reloger d’un coup un nombre plus important de locataires, « la Sic a des possibilités » puisqu’entre 300 et 400 logements s’ajoutent chaque année au parc actuel du bailleur social, sans compter que le turnover annuel s’élève à 1000 logements.
Cependant, ce relogement ne pourra être conduit sans réaliser au préalable un diagnostic social, qui va certainement redistribuer les cartes. Dans cet état des lieux, la Sic cherchera à savoir pour chaque logement combien de personnes y vivent, quelles sont les ressources du ménage, le lieu de travail, les attentes en matière de logement, etc. « On fait une adéquation taille, famille, ressources. Notre but, ce n’est pas de fragiliser les familles, mais de répondre au mieux à leurs besoins », assure Jean-Marc Burette.
Loyers. Combien cela va-t-il coûter ? La réhabilitation d’un logement se chiffre de 4 à 5 millions de francs. Cela inclut les travaux pour cause d’amiante, qui représenteraient 20 % de ce montant. « Mais ce coût pourrait être minoré puisqu’il y a très peu d’amiante à Pierre-Lenquette. Il se trouve plus souvent dans les faïences de la cuisine et de la salle de bain », explique Jean-Marc Burette. Multiplié par 307 logements, cela donne une facture d’au moins 1,2 milliard de francs, sans oublier les parties communes et les aménagements extérieurs. Qui va payer ? « Cette opération devra être financée et trouver son équilibre. Différents leviers seront activés entre les fonds propres, les emprunts, les subventions et les loyers », répond Jean-Marc Burette. La vocation de la cité ne va pas changer pour autant, rassure la Sic : il s’agira toujours de logements aidés.
D’ici la fin de l’année, le diagnostic sera achevé et un logement témoin sera construit.
Quant aux ateliers, ils se poursuivront au-delà de cette échéance, pour traiter des questions du logement, mais aussi d’autres enjeux qui touchent les habitants, comme la sécurité, la mixité ou les équipements, par exemple, précise Benoit Naturel, directeur adjoint de la Sic. « L’important, c’est de mettre cette réhabilitation dans un ensemble et de réfléchir globalement. Ca demande du temps et de la concertation. »
Repères : Trois vagues de travaux de réhabilitation
1970 : construite au début des années 1970, la cité Pierre-Lenquette logeait les travailleurs venus en Nouvelle-Calédonie pour le boom du nickel.
2002-2004 : travaux de dé-densification de la cité qui passe de 340 à 307 logements. Ces derniers, s’apparentant plus à des dortoirs, sont réaménagés. Coût : 1 milliard de francs.
2010-2012 : réhabilitation lourde des bâtiments K, L et M acquis en 2009 (auprès de la Cafat, du gouvernement et de la Province Sud). Coût : 1,2 milliard de francs.
2016 : réhabilitation des 307 logements des bâtiments A à J. Coût : à déterminer.
Des logements aidés
Coût moyen des logements hors charges :
F1 : 20 000 francs
F3 : 30 000 francs
F5 : 40 000 francs
Le chiffre
4. C’est en millions de francs le coût minimal pour réhabiliter un logement dans le parc de la Sic.
Photo : Julien Cinier
Une année de concertation, Les Nouvelles Calédoniennes, 5 mai 2015.

