Une journée contrastée

Avec son vaste quadrilatère de rues fermées pour cause de manifestation, le centre-ville avait un autre air, hier. Si certains commerces ont craint pour les affaires, certains en ont tiré parti.

Par Aude Perron

Sur le pas de son magasin, une commerçante regarde les passants défiler. Un drapeau tricolore planté dans son chapeau, une dame, accompagnée d’amies, arrive à sa hauteur, puis, jugeant l’air de la commerçante peu enjoué, glisse à sa voisine : « S’ils commencent tous à tirer la tête… », dans un soupir.

Pas toujours facile de faire rimer manifestation et business. Mais les commerçants et les travailleurs étaient avertis et n’avaient plus qu’à prendre leurs dispositions en vue de ce vendredi un peu particulier. En matinée, les rues du centre-ville et la place des Cocotiers étaient aussi animées que d’habitude, à la différence près que les voitures étaient interdites de circulation.

Boulevard Vauban cependant, une portion de l’avenue était même inaccessible aux piétons. Du coup, pour Eugène (*), croisé aux abords de la place des Cocotiers, impossible de rejoindre le chantier où il pose des portes en bois. Certes, il pourrait tenter de se trouver d’autres chantiers, mais la matinée est bien entamée, alors, la gamelle dans la main, il s’apprête à déjeuner . « Après, je rentre chez moi », conclut-il simplement.

Morose. Rue de l’Alma, Sébastien a songé à maintenir fermées les grilles de son magasin pour la journée et à travailler de chez lui. « ça nous enlève un jour de commerce, c’est déjà assez morose comme ça », commente-t-il. Mais finalement, pas de regret, car il est 11 heures et il vient de faire une jolie vente. « Je vais peut-être même aller faire un tour », indique-t-il.

Dévalisé. Pour les propriétaires du glacier Yog & Co, pas le temps de prendre part à l’événement car, surprise agréable, la boutique n’a pas dérougi : « On ne pensait pas que ça tournerait autant. On a été dévalisé ! », résume la patronne, qui a dû fermer son comptoir salé, alors qu’il n’était pas encore 13 heures.

Chez les D’Lys de Georges, traiteur dont la devanture donnait directement sur le sit-in et les discours, « c’est une journée de travail comme les autres », affirme-t-on, modestement. S’il y a eu plus de clients, ils étaient « pressés » et moins enclins à la dépense que les habitués de cette institution de l’avenue Foch.

En revanche, « ce qui était compliqué, c’était le parking et les livraisons car on avait beaucoup de commandes. La prochaine fois, on va mieux s’organiser ».

(*) Pénom d’emprunt

Photo : Thierry Perron

Une journée contrastée, Les Nouvelles Calédoniennes, 29 avril 2015.

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