De jeunes ambassadeurs

Les élèves de la « 4e Australie » préparent une exposition de leur œuvre sur l’art aborigène. Le but : se préparer à leur voyage à Melbourne, en septembre prochain.

Par Aude Perron

Ambiance détendue ce mercredi matin dans le cours d’arts plastiques de Mme de Waligorski. Sur le thème d’une légende aborigène – Les sept sœurs –, des élèves mettent la touche finale à une peinture qui sera présentée lors d’un vernissage le 9 août prochain. Ces élèves sont ceux de la 4e Australie, une classe qui a été constituée l’an dernier pour réaliser un projet pédagogique particulier : un échange culturel avec des camarades de l’école privée Woodleigh School, à Melbourne, prévu du 11 au 20 septembre prochain. 

« Ce n’est pas un voyage de consommation, c’est un voyage d’échanges », rappelle Maxime Soleirol, professeur d’EPS et référent principal de cette classe. En fait foi le programme où les élèves seront hébergés pendant trois jours dans des familles australiennes, suivront des cours et participeront à des activités dans leur école d’accueil et visiteront les environs de Melbourne. Mais il n’y a pas que le séjour : en amont, depuis le début de l’année, les élèves reçoivent, à raison d’une à deux heures par semaine, un enseignement sur le thème de l’Australie : anglais, histoire, géographie, cuisine et sport. Même en arts plastiques, ils ont touché au sujet avec un travail sur l’art aborigène pendant quatre séances. 

Et il faut mettre la main à la pâte aussi, avec des ventes de gâteaux par exemple, pour financer le voyage. « Les élèves doivent apprendre que tout n’est pas un dû », fait remarquer Maxime Soleirol. Sur un budget de 5 millions de francs, la Province participe à hauteur de 2 millions de francs. Le collège, le foyer socio-éducatif, l’APE, KNS et les mairies apportent, eux aussi, leur pierre à l’édifice, tandis qu’on demande aux familles une contribution de 40 000 francs. 

Un voyage qui demande tout un budget mais l’accès à cette 4e Australie n’a pas été réservé à une élite, bien au contraire. Les critères allaient de l’attitude de l’élève, à sa motivation d’apprendre une autre langue, en passant par sa motivation à faire du sport, sans oublier l’engagement et la disponibilité de sa propre famille. Pas d’interférence des résultats scolaires. Autre critère : une mixité sexuelle et ethnique du groupe. « Vous êtes de couleur différente, mais c’est quand on est à l’étranger qu’on sent qu’on est Calédonien, lance Jean-Pierre Djaiwé, vice-président de la Province Nord, à l’adresse de la classe. Vous êtes des ambassadeurs, il va falloir parler de la Calédonie avec fierté. »

Et il n’y a pas que les élèves qui vont profiter de l’expérience : « Il y a un turnover important des enseignants au collège, fait remarquer Cécile Tidjine, enseignante en histoire-géo et membre de l’équipe pédagogique de cette 4e Australie. Des projets comme ceux-là permettent de fixer les professeurs. Dans l’enseignement, c’est essentiel. » Si tout va comme prévu, les élèves recevront leurs camarades australiens l’an prochain. Et après, peut-être le collège comptera-t-il chaque année une 4e Australie.

Légende : Les élèves ont été initiés à l’art aborigène et leurs œuvres seront exposées et mises à la vente lors d’un vernissage le 9 août prochain.

Photo : A. P.

De jeunes ambassadeurs, Les Nouvelles Calédoniennes, 24 juillet 2013.

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