D’ici deux ans, les 250 à 500 professionnels du sport, de l’animation et du loisir, actuellement sous le régime du commerce et divers, auront leur propre convention collective.
Par Aude Perron
« Ces gens ont un poids économique. Mais c’est quoi leur avenir social ? C’est zéro. » Pour Guy Plazanet, du comité régional de Nouvelle-Calédonie EPMM Sports pour tous, la situation a assez duré. Au pays, on compte entre 250 et 500 professionnels du sports, de l’animation et du loisirs (qui ne sont pas fonctionnaires) : des moniteurs de clubs de plongée, des éducateurs en centre de vacances ou autres animateurs périscolaires. Leur point en commun ? L’absence d’une convention collective qui leur est propre. Pour l’instant, la leur, c’est celle du commerce et divers. « Mais un animateur sportif n’a rien à voir avec la caissière de chez Carrefour. Dans cette convention, on retrouve de tout ! » Pas étonnant quand on sait que la Calédonie compte 28 conventions et accords collectifs de travail, alors qu’en Métropole, c’est 10 fois plus !
Ces moniteurs de sports sont donc considérés comme des commerçants : « Mais cela ne correspond pas à leur réalité, proteste-t-il. Il faut mieux encadrer la profession car en Calédonie, n’importe qui peut prendre une patente et devenir professeur de fitness, par exemple. On se retrouve avec des gens qui n’ont pas de diplôme pour faire ce qu’ils font. » Pour Guy Plazanet, une convention collective s’impose pour opérer un coup de balai dans ces métiers. Mais également pour donner un avenir social à ces professionnels à travers des règles établies : classification des emplois, niveau de qualification, grille salariale, congés, perfectionnement, promotion, passerelles, etc.
Ce projet de convention est seulement porté par le Comité provincial nord sports et loisirs (CPNSL) ainsi que le comité régional de Nouvelle-Calédonie EPMM Sports pour tous, « qui compte 2140 licenciés, ce qui en fait le sixième comité en importance en Calédonie », tient à rappeler Guy Plazanet. Mais les travaux avancent et aujourd’hui, le texte de la convention collective calédonienne des sports, loisirs et animation (CCNCSLA) est prêt, à toutes fins pratiques. Prochaine étape : le service juridique du Medef car les branches professionnelles sont créées par les syndicats patronaux. Ensuite, discussion avec les partenaires sociaux, puis direction le congrès, pour que le texte soit voté. « On ne peut pas faire un pays avec des textes qui ne prennent pas en compte les spécificités calédoniennes. Avec cette convention, il n’y aura plus de professionnels dans la nature », espère Guy Plazanet.
Protégés dès 2015, Les Nouvelles Calédoniennes, 20 juillet 2013.
