Après un retour concluant sur les circuits de triathlon dimanche dernier, Patrick Vernay est allé, mardi soir, à la rencontre des jeunes à l’invitation de l’AS TRI Mont-Dore.
Par Aude Perron
Ambiance sérieuse, mardi soir, sur la piste du stade Numa-Daly. Mais pour les jeunes triathlètes de l’AS Tri Mont-Dore, l’entraînement n’a pas seulement consisté en d’innombrables tours de piste pendant une heure. La dizaine de coureurs, âgés de 8 à 18 ans, a reçu la visite de Patrick Vernay, la référence calédonienne de leur discipline, qui vient tout juste de faire son retour sur les circuits. Sur la pelouse, sans plus de formalité, le sportif de 41 ans a prodigué des conseils en tout genre pour encourager les sportifs en herbe.
« Ce n’est pas nécessairement celui qui a les meilleures capacités qui va aller jusqu’au bout, rappelle-t-il. Il faut aussi être fort dans la tête. Moi, c’est ce qui m’a aidé à faire tout ce que j’ai fait. » Avec son palmarès, on ne peut que le croire. Triple champion de France longue distance, vainqueur de neuf Iron Man (épreuve où s’enchaînent 3,8 km de natation, 180,2 km de vélo et un marathon), Patrick Vernay est sans conteste l’un des meilleurs triathlètes français.
Sortir. En plus de ce mental d’acier, il n’a pas eu peur de se mesurer aux autres. Il encourage fortement les jeunes à faire de même. « A un moment, il faut sortir de l’île. En Métropole, avec le sport-études, les jeunes commencent tôt. Moi, j’ai commencé tard, à 17 ans. Mais une fois en Métropole pour mes études, le niveau là-bas m’a tiré vers le haut. » En revanche, pas question de griller les étapes, comme d’aller courir après des sponsors, par exemple. « L’avantage d’être toujours dans les premiers, c’est les sponsors, bien sûr. Mais ils se méritent. Il faut faire ses preuves. » Pas question non plus de toujours mettre la main dans la poche des parents pour avoir les tenues dernier cri ou le vélo le plus performant : « Je vois des jeunes sur la promenade Pierre-Vernier avec des vélos à 600 000 francs ! » dénonce-t-il.
Jeux. Le professeur d’EPS à Kaméré rappelle de respecter les distances et les temps prescrits par le coach, même si parfois, la tentation est grande d’en faire plus aux entraînements. Au risque de se blesser ou de se dégoûter. Solenne Kerleger, lycéenne de 18 ans, est d’accord : « C’est vrai qu’il faut parfois se retenir. Je prends ça comme un conseil de sage : comme quoi, l’entraînement, ce n’est pas que bourriner, il faut aussi écouter le coach ! », dit-elle en riant. La jeune athlète, qui a commencé à s’entraîner vers l’âge de 10 ans, se prépare pour les Jeux du Pacifique, à raison de 12 heures par semaine.
« Il y a des choses à vivre dans le sport, conclut Patrick Vernay. Quand vous franchissez la ligne d’arrivée et que vous pensez à tous les sacrifices que vous avez faits : ce sont des sensations que vous ne pouvez même pas imaginer. » Nul doute, Solenne y pensera.
Photo : A. P.
De précieux conseils, Les Nouvelles Calédoniennes, 9 avril 2015.

