Pendant trois jours, des élèves de seconde ont créé des structures géantes qui serviront à faire la promotion de trois albums jeunesse écrits par leurs camarades, sept ans auparavant. Un travail résolument collectif.
Par Aude Perron
Ca sent la peinture à plein nez lorsqu’on pénètre dans la classe. Sur une table, des boules recouvertes de bandes de journal. Sous une autre, des boîtes et des sacs remplis de papier crépon, morceaux de manou et matériel de bricolage. Contre le mur, douze structures géantes en papier mâché dévisagent le visiteur : un vieillard, un médecin, une roussette, un oiseau… Attablés au fond, dix-huit élèves de seconde SAPAT, une nouvelle classe de la filière service au lycée de Pouembout, s’affairent à terminer ces structures, sous l’oeil attentif de la plasticienne Josette Besson. Difficile de croire que les douze personnages aient été fabriqués en deux jours seulement. « Je pensais qu’il nous faudrait plus de temps, mais les élèves ont été très réactifs et efficaces », dit cette retraitée de l’enseignement.
C’est dans le cadre des cours d’éducation socioculturelle que ce stage collectif a été organisé, du 25 au 27 mars dernier, avec l’objectif de créer un visuel attractif pour faire la promotion de trois albums jeunesse produits par le lycée : Titêtu, Choutine et Mosso. « Comme membre de l’association Lire en Calédonie, je fais souvent des formations en papier mâché auprès des médiathèques. Recréer en papier mâché les personnages d’une histoire permet de découvrir le livre d’une manière différente «, explique Josette Besson.
Pour Lêdji Bellow, professeur d’éducation socioculturelle, cet atelier est l’occasion rêvée de poursuivre un travail de très longue haleine. « La vie de ces albums jeunesse se poursuit », souligne-t-elle. Tout a commencé en 2005, avec un travail de recherche de contes, puis l’écriture de trois textes originaux, en français et en langue, l’année suivante. Et jusqu’en 2009, ont suivi les illustrations, la mise en page, la mise en son (voix, chants, musique, bruitages) et des films d’animation. En tout, quatre promotions, huit classes et plus de 100 élèves sur cinq ans ont mis la main à la pâte. Aujourd’hui, les trois albums, en français et en langue (respectivement iaai, jawé et futunien) sont imprimés. Et leur vie se poursuit avec la création de 12 structures géantes qui formeront un visuel attractif, support de communication original, lors de la Semaine du livre, à la Médiathèque Ouest, à Koné, du 23 au 27 avril prochain. Là, c’est une autre classe qui sera en charge de vendre les albums.
En attendant, les élèves doivent terminer leur personnages. Emmanuelle a choisi de faire la tortue, parmi les personnages principaux. « Quand on nous a montré des photos de personnages en papier mâché, ça nous a fait rire car on les trouvait bizarres. Mais je suis contente maintenant : c’est joli ». Ryan, lui, a opté pour la création de la roussette : « C’était dur de commencer, il faut que ça ressemble à une roussette, quoi!» Qu’il se rassure toutefois : avec ses gros yeux et son expression sympathique, elle est réussie.
Photo : A. P.
Des marottes et des livres, Les Nouvelles Calédoniennes, 6 avril 2013.

