En aide aux démunis du Nord

Hier, la Croix-Rouge a inauguré ses nouveaux locaux qui comprennent une vestiboutique et un accueil des mamans. Une section secourisme devrait compléter le dispositif d’ici la fin de l’année.

Par Aude Perron

Il y a quelque chose de rassurant de savoir la Croix-Rouge proche de chez soi. Présente rue de Sébastopol au centre-ville de Nouméa, à Montravel et à Boulari, l’organisme humanitaire vient d’inaugurer ses nouvelles installations, à Koné, derrière le marché municipal, pour profiter de la viste sur le territoire de Frédéric Pichonnat, directeur régional outre-mer de la Croix-Rouge française. Les travaux à toutes fins pratiques terminés, cette antenne devrait être opérationnelle au début du mois de mai et les personnes dans le besoin y trouveront un accueil des mamans. « Cela se veut un lieu de détente, explique Jacqueline Johnston, présidente de la délégation de la Croix-Rouge française en Nouvelle-Calédonie. Les mamans peuvent exprimer leurs difficultés. Une psychothérapeute est présente pour écouter et conseiller. » Une vestiboutique ouvrira également ses portes et offrira, sur présentation d’un bon de l’assistante sociale, des vêtements « à des prix défiant toute concurrence. Des T-Shirts à 50 francs, des pantalons à 100 francs : c’est du solidaire », ajoute Jacqueline Johnston.

Et solidaires, les entreprises calédoniennes l’ont été. Environ une trentaine d’entre elles ont mis l’épaule à la roue, en fournissant, gracieusement, tous les matériaux nécessaires à la construction du bâtiment : fondations, gros oeuvre, assainissement, charpente, toiture, menuiserie, électricité, plomberie, peinture, carrelage, alouette ! Un minier a également fourni un «vestibus», petite navette destinée à ramasser et livrer des dons (vêtements, matelas et autres frigos) à travers la province. « Sans oublier la matière grise, tel que le travail du cabinet d’architecture et des nombreux bureaux d’études qui sont intervenus, rappelle Jean-Pierre Favreau, retraité du Laboratoire d’expertise du bâtiment et des travaux publics de Nouvelle-Calédonie où il a oeuvré pendant 27 ans et qui a – gracieusement lui aussi – supervisé les nombreux mois de travaux. Et si tout le monde a travaillé bénévolement, je peux vous assurer que cette construction n’a pas été faite à rabais. »

Si l’on inaugure un bâtiment aujourd’hui, le principe de la vestiboutique existe cependant à Koné depuis le début des années 2000, grâce à une bénévole de longue date : « Ma maison, c’était la Croix-Rouge; il y avait des cartons dans toutes les pièces, dit en riant Agnès Marchand. Les besoins étaient énormes. Chaque année, nous préparions 1400 trousseaux pour les élèves des internats : draps, serviettes, effets de toilette, vêtements pour une semaine. Ils avaient tout pour commencer l’année scolaire. » Aujourd’hui, cette bénévole dit préparer moins de ces trousses, ce qu’elle explique par l’usine du Koniambo. Mais pour Jacob Wabealo, grand chef du district de Bako, les besoins sont encore là. « Pas tout le monde ne travaille et nous avons encore des familles démunies sur la zone et bien sûr, sur le reste de la province. C’est donc une bonne chose que la Croix-Rouge se soit installée ici. C’est rassurant. »

D’ici la fin de l’année, il y aura de quoi être encore plus rassuré : l’antenne devrait compter une section urgence et secourisme, forte d’une équipe de 5 secouristes bénévoles et d’un poste de secours. A Nouméa, la Croix-Rouge peut s’appuyer sur une trentaine de secouristes, prêts à intervenir en cas d’urgence. Entraînés et actifs au sein de l’organisme humanitaire, ils étaient au rendez-vous en janvier dernier, à Thio, après le passage de la dépression Freda. « Si la Calédonie tombe en alerte rouge, les secouristes de Nouméa ne pourront pas être déployés dans le Nord, fait remarquer Dominique Mariani, directeur territorial de l’urgence et du secourisme de la Croix-Rouge. Il faut qu’il y ait une équipe ici. » Ces futurs secouristes seront donc formés sur un minimum cinq jours par des collègues bénévoles de Nouméa et pourront par la suite, non seulement intervenir, mais aussi donner des formations PSC1 (prévention et secours civiques de niveau 1) au grand public. « Avec cette branche secourisme, nous allons monter en puissance », conclut Jacqueline Johnston.

Légende : Pour réaliser ses locaux, un nombre impressionnant de partenaires locaux ont fournis gracieusement matériaux et services, d’une valeur de 20 M XPF.

Besoin de bénévoles

Les actions de la Croix-Rouge reposent sur un vaste réseau de bénévoles et l’antenne de Koné n’échappera pas au besoin de bonnes volontés. Une douzaine de volontaires sera nécessaire pour faire tourner la vestiboutique et l’accueil des mamans pendant les journées d’ouverture (qui ne sont pas encore déterminées). L’appel a été lancé et une vingtaine de personnes se sont manifestées, dont Asa, jeune maman d’origine suédoise, arrivée sur le territoire en juin 2012. « J’aime beaucoup le travail que fait la Croix-Rouge. Et comme je ne peux pas travailler ici, faire du bénévolat va me permettre de me rendre utile et en même temps, améliorer mon français et m’intégrer. »

Quelques chiffres

Coûts des travaux :  27,5 M XPF

Financement : 7,5 M XPF (Croix-Rouge française) + 20 M XPF (donateurs locaux)

Superficie : 120 m2

2009 : identification du terrain

2010 : pose de la première pierre

2011 : début des travaux

Photo : A. P.

En aide aux démunis du Nord, Les Nouvelles Calédoniennes, 5 avril 2013. 

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