En décembre dernier, en partenariat avec la Province Nord et la Cellule Koniambo, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) a organisé à Nouméa et à Koné une conférence sur les opportunités à saisir sur VKP. L’effervescence de la zone est patente.
Par Aude Perron
Pour peu qu’on se promène sur le chantier de l’usine du Koniambo, il fait peu de doute que ce dernier tire à sa fin et qu’y souffle le vent de la démobilisation. Mais à l’extérieur de Vavouto, entre Voh jusqu’à Pouembout, le portrait est différent : entre une cuisine centrale sur la zone Tipenga, le nouveau siège social de la Sofinor, le collège de Paiamboué, une résidence de jeunes travailleurs à la tribu de Koniambo ou la salle multisports de Voh, on compte une vingtaine de projets qui démarreront en 2013 sur la zone VKP. Et autant à l’horizon 2014-1017. Bref, la liste donne le vertige. « VKP est en plein essor ; le dynamisme est là », confirme Luc Bataillé, de la Cellule Koniambo. Difficile de le contredire !
Ces perspectives et cette programmation supposent des moyens. A cet égard, la Province a un plan pluriannuel d’investissement sur 2013-2016 de l’ordre de 46 milliards de francs, dont 30 % est destiné à VKP. « Les chiffres parlent d’eux-mêmes, résume Luc Bataillé. Et tout cela représente de réelles perspectives pour le secteur privé. » Des opportunités qui se retrouveront dans le tout nouveau guichet unique que la Cellule Koniambo mettra en ligne incessamment.
Si ce sont les secteurs du bâtiment et de l’industrie qui semblent d’abord concernés par ces investissements majeurs, le commerce et les services n’auront d’autre choix que d’entrer, eux aussi dans la danse. Car l’accroissement de la population, déjà notable, va continuer. Selon les prévisions de la Cellule, le nombre d’habitants sur VKP devrait se chiffrer à 16 000 ou 17 000 à l’horizon 2025. Autant de personnes qui auront besoin de faire des courses ou d’aller chez le kiné !
Cependant, il existe quelques ombres à ce tableau. Les artisans, eux, ont l’impression que le train leur passe sous le nez : « J’aimerais bien investir dans du matériel, un terrain et un dock. J’en aurais pour 100 à 200 millions de francs. Mais ma banque ne me suit pas car je suis patenté, déplore Stéphane. Toutes ces opportunités sont inaccessibles pour un artisan. »
Autre élément qui coince encore : le logement. Pour Rémy Bouché, promoteur d’un projet de 97 villas à Voh, c’est le serpent qui se mord la queue : « La livraison de la première tranche de mon lotissement a pris 6 mois de retard car il m’a manqué une quinzaine d’employés qui n’ont pas pu se loger. Et je ne pouvais pas agrandir ma base-vie. » Mais la Cellule croit que le marché de l’immobilier se relâchera dès l’an prochain, du fait de la fin du chantier de Vavouto et des départs qui en découleront.
Enfin, autre sujet de préoccupation : la ressource en eau. Sera-t-elle suffisante pour soutenir tout ce développement ?
Photo : A.P.
Des opportunités à saisir, Objectif, mars-avril 2013, p. 52

