En novembre dernier, un accord-cadre a été signé pour mutualiser les compétences autour de la question de l’eau, un enjeu majeur sur VKP. Tour d’horizon de l’avancement de la connaissance de la ressource.
Par Aude Perron
Depuis sa mise en place en juin 2010, le Comité de gestion de l’eau n’a pas chômé. Chaque trimestre, il réunit toutes les compétences concernées par l’eau sur VKP, soit l’État, la Province Nord, la Davar, la Dimenc, Météo-France, les communes, les aires coutumières et le Sivom VKP, entre autres. Le but ? Une vaste réflexion pour, notamment, mieux connaître la ressource (fonctionnement, capacité) et les besoins (en eau potable et en eau agricole). En tout, 10 rencontres ont eu lieu, auxquelles s’ajoute une séance extraordinaire qui s’est tenue en novembre dernier afin de signer un accord-cadre : « Toutes les compétences autour de la gestion de l’eau sont très dispersées, explique Marion Bois, chargée du Comité de gestion de l’eau VKP, à la Province Nord. L’objectif de cet accord est de formaliser la mutualisation de toutes ces compétences. »
Toutes les actions prévues dans le plan triennal du Comité (qui prendra fin en juin 2013) n’ont pas encore été mises en place. Cependant, la connaissance sur la ressource a avancé, notamment sur Pouembout. La quantité d’eau exploitable dans la nappe alluviale a été évaluée à 1300 mètres cubes par jour pour les besoins domestiques. « Mais nous savons que davantage est prélevé au quotidien », fait valoir Marion Bois. Et cette surexploitation peut avoir des conséquences. Le biseau salé, qui représente la limite entre les eaux salées et douces sous la surface continentale, a été localisé à quelque 800 mètres en aval des premiers forages AEP. La surexploitation de la nappe pourrait-elle faire avancer le biseau dans les terres et remonter dans les forages municipaux ? Si rien est certain, la vigilance est de mise.
Et cette pression sur la ressource va demeurer. D’abord, en raison de l’accroissement de la population de la zone, que la Cellule Koniambo estime à environ 16 000 habitants à l’horizon 2025. Mais aussi en raison des différents projets agricoles prévus, notamment sur Pouembout, commune dont la vocation agropastorale n’est plus à démontrer. Selon le RGA 2002, 240 hectares étaient cultivés. Dix ans plus tard, ce sont 305 hectares de parcelles agricoles qui sont irrigués. Et cette surface devrait s’accroître de 50 % d’ici 2016 !
Même si la zone possède un réseau AEP dont le rendement est de seulement 50 %, il n’y a pas le choix : « Il va falloir trouver un renforcement de la ressource, confie Marion Bois. C’est l’objectif du prochain plan triennal. » Pour trouver de l’eau, plusieurs options sont actuellement à l’étude : une unité de désalinisation d’eau de mer, la recherche d’eau sur un bassin versant hors VKP et enfin, un barrage sur une des rivières de la zone. Ces solutions devraient être dévoilées et détaillées à la fin du premier trimestre 2013. Restera à se mettre d’accord sur la meilleure option et les moyens de la financer…
L’eau, clef du développement, mars-avril 2013, p. 53.
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