Le dispositif « Danse ma ville », né il y a trois ans, a repris il y a quelques semaines dans plusieurs collèges, maisons de quartier et à la Maison de l’étudiant. Il touche environ 160 jeunes, de 8 à 26 ans.
Par Aude Perron
Ne maîtrise pas le dance hall qui veut. Dans le cadre d’un atelier au collège de Magenta, l’intervenant Charly Thomson, de la troupe Burnin Faya, fait répéter un petit enchaînement à quinze jeunes filles. Une dizaine de mouvements, mais la difficulté vient surtout de la vitesse à laquelle il faut s’exécuter. « Dans votre tête, préparez-vous à être rapide, avertit Charly Thomson, à l’adresse des élèves. Là, votre corps ne suit pas, mais la musique continue, elle. Elle ne s’arrête pas si vous vous arrêtez. » Alors, avec une infinie patience, il fait répéter. Et répéter. Au bout d’une grosse heure, les filles sont essoufflées et assoiffées. « J’aime bien, ça bouge ! confie Ingrid, en classe de cinquième. J’ai commencé l’an dernier. J’adore danser : je vais même au Rex tous les mercredis. »
Expression. Cet atelier fait partie de l’opération « Danse ma ville », un dispositif mis en place par la ville qui propose des ateliers de danse avec des professionnels dans cinq collèges, cinq maisons de quartier et à la Maison de l’étudiant. « C’est un moyen de s’exprimer, au-delà des compétences scolaires, explique Sandra Moidon, responsable du pôle jeunesse, à la mairie. C’est aussi une façon de faciliter l’accès à la danse, car on sait que les cours privés peuvent coûter cher. C’est aussi une façon d’apprendre certaines valeurs, comme être à l’heure, être assidu, travailler en groupe et avec des professionnels. »
Pour le collège de Magenta, ce dispositif permet aussi d’occuper, sur la pause méridienne, les quelque mille élèves de l’établissement, majoritairement demi-pensionnaires, explique Natacha Naud, adjointe d’éducation : « Quand je suis arrivée en 2007, il n’y avait rien sur l’heure du midi, mais beaucoup de bagarres et d’incivilités. Ce n’était pas possible de continuer comme ça. » D’où les nombreuses animations mises en place chaque année, dont l’atelier dance hall fait partie depuis 2013.
Les ateliers culmineront avec une finale « Danse ma ville » au kiosque à musique de la place des Cocotiers, le 7 octobre, et où tous les groupes présenteront une chorégraphie. Charly Thomson et ses danseuses ont remporté les finales 2013 et 2014.
L’opération en bref
Le dispositif s’étend jusqu’en septembre.
En plus des heures d’atelier sont prévues deux sorties publiques à des spectacles de danse et une demi-journée de cohésion au Rex, en août, pour tous les participants aux ateliers.
Les jeunes présenteront leurs chorégraphies lors du « Rex Contest » au Rex Nouméa, le 4 septembre et lors de la finale « Danse ma ville » au kiosque à musique de la place des Cocotiers, le 7 octobre.
« Danse ma ville », c’est :
– Un budget annuel de 5 millions de francs
– Une dizaine d’intervenants professionnels
– 440 heures d’atelier (2014)
– 160 jeunes touchés (2014)
– Un taux de fidélisation de 70 %.
Photo : A. P.
Jeunes dans le tempo, Les Nouvelles Calédoniennes, 13 mai 2015.

