Un dispositif permet à des terminale d’intégrer la grande école sans passer par la voie sélective de l’examen d’entrée.
Par Aude Perron
Maïanne a eu du mal à dormir dans la nuit de jeudi à vendredi. Et pour cause : avec Ornella et Jamil, deux autres camarades du Lycée Do Kamo, elle passait ce vendredi matin un oral devant jury. Trente minutes de présentation sur son parcours personnel et scolaire et un entretien sur un thème d’actualité de son choix. Le but : être admissible à se présenter au vrai grand oral, celui de Sciences Po Paris, en décembre prochain.
Pour nos trois lycéens, c’est l’aboutissement de plusieurs mois de préparation. Dès mars, les élèves intéressés participaient à un encadrement d’une heure par semaine avec un tuteur. « Chacun a dû choisir un thème et l’approfondir en sélectionnant dix articles et en faisant un travail de synthèse, précise un des tuteurs, Daniel Collet, documentaliste du lycée. Ils devaient aussi développer une réflexion personnelle sur le sujet ». Sans compter des devoirs en plus à la maison. C’est en partie ce qui a eu raison de la plupart des élèves, puisque seuls trois sur dix ont tenu jusqu’au bout.
Cinq ans de dispositif
Cinq lycées, dont Do Kamo, ont signé (en 2010 et 2011) une Convention d’éducation prioritaire (CEP) avec Sciences Po Paris. Un dispositif qui permet à des terminale d’intégrer la grande école sans passer par la voie sélective de l’examen d’entrée. « Ce dispositif permet à des élèves d’origine modeste de poursuivre des études supérieures dans des conditions confortables, rappelle Daniel Collet. Et il valorise les élèves méritants ». Vers 9 h 30, le jury, qui évaluait les capacités d’analyse, de synthèse et d’expression des candidats, rendait son verdict : Maïanne a passé l’épreuve. « J’ai appelé ma mère tout de suite, confie, tout sourire, la Lifou de 17 ans. Franchement, en venant ce matin, je ne pensais pas réussir ». Ornella, 16 ans, candidate malheureuse tout comme Jamil, est toutefois sans regret. « Ça reste un bon entraînement. On pensait qu’ils allaient nous poser des questions difficiles, mais ils ont été sympas, ils étaient souriants. » Et la suite maintenant ? « Je veux étudier l’histoire, mais je ne sais pas encore dans quelle université. »
Quant à Maïanne, elle doit désormais se concentrer sur son bac et l’empocher au premier tour. C’est la condition pour rejoindre Paris avec les autres lycéens admissibles au dispositif. Et cette fois, pour le vrai grand oral.
Photo : Thierry Perron
Jour d’oral à Do Kamo, Les Nouvelles Calédoniennes, 15 septembre 2015.

