Une nouvelle grève des contrôleurs aériens pèse sur le ciel calédonien et pourrait perturber les vols domestiques de mercredi à vendredi. En cause : des outils techniques vieillissants et un manque de consultation.
Par Aude Perron
Les voyageurs ont intérêt à prendre leur mal en patience car c’est peut-être reparti pour quelques jours de galère : des contrôleurs aériens de l’Aviation civile ont déposé la semaine dernière un préavis de grève qui pourrait débuter à 6 heures dès demain et se terminer vendredi à 20 heures. Elle doit toutefois être confirmée aujourd’hui.
Contrairement aux grèves précédentes, celle-ci n’est pas liée au manque d’effectifs. Cette fois, les contrôleurs se plaignent du retard technique de leurs outils de travail. « Nous n’avons pas de moyen de visualisation des avions, nos instruments sont vieillissants et ils ne sont pas remplacés », explique Mélissa Kiener, du Syndicat national des contrôleurs du trafic aérien (SNCTA). Les contrôleurs réclament une véritable politique d’évolution de leurs outils de travail. Egalement, des décisions auraient été prises dernièrement sans l’avis des contrôleurs aériens. Des décisions qui « dégradent le niveau de sécurité », poursuit-elle.
Balle. Hier après-midi, les grévistes et la Direction de l’Aviation civile (Dac) se sont rencontrés de nouveau – une première rencontre avait eu lieu vendredi – afin de trouver un terrain d’entente et de lever le préavis de grève. Tous les points d’achoppement (tous d’ordre technique) ont été passés en revue, les uns après les autres. « Nos équipements ont été installés en 2009-2010, mais ils n’ont pas été optimisés, reconnaît Sébastien Chêne, directeur de la Dac. Nous pouvons apporter des améliorations et il y a des choses déjà en cours. »
Continuité. Il propose la constitution d’un groupe de travail qui réunira les contrôleurs et les responsables techniques de la Dac et qui aura pour mission d’établir un plan d’amélioration des outils. La balle serait dans le camp du SNCTA, mais ce dernier ne l’entend pas de cette oreille, car ses conditions ne sont pas remplies : la suspension de deux consignes d’exploitation, mises en place depuis quelques semaines. « Nous voulons revenir à des méthodes de travail maîtrisées et connues qui assurent un niveau de sécurité maximal », répond Mélissa Kiener. Aujourd’hui, le syndicat doit se réunir, mais vraisemblablement, le préavis de grève ne sera pas levé. Manque d’effectif ou désuétude des équipements : pour les usagers, la situation est la même, au final, et il faut rester sur le qui-vive et se réorganiser au besoin.
Air Calédonie a déjà réorganisé ses vols domestiques durant ces trois jours afin d’assurer un service minimum. En tout, 29 rotations sur 53 seront maintenues. « Nous nous sommes mis en ordre de marche en prévision de cette grève. Nous avons privilégié les Îles et chacune sera desservie avec deux ou trois rotations par jour. Au final, on va réussir à transporter tous les passagers prévus car les vols n’étaient pas pleins », indique Marion Gentelet, chez Air Calédonie, qui semble faire contre mauvaise fortune bon cœur. « Ce n’est pas facile pour nous, car nous sommes en bout de chaîne, avec des clients à informer », conclut-elle.
Photo : Archives LNC
Trois jours de grève annoncés, Les Nouvelles Calédoniennes, 15 septembre 2015.

