Le Syndicat national des contrôleurs du trafic aérien (SNCTA) a mis sa menace à exécution : les négociations avec la Direction de l’aviation civile (Dac) n’auront pas permis de lever le préavis qui planait depuis la semaine dernière.
Par Aude Perron
C’est avéré : les contrôleurs aériens sont bel et bien en grève jusqu’à vendredi, impactant les dessertes domestiques et internationales. En cause, des consignes d’exploitation et des outils vieillissants qui mettraient en péril la sécurité des voyageurs calédoniens.
Dans une lettre datant du 9 septembre adressée à la Direction de l’aviation civile (Dac), le Syndicat national des contrôleurs du trafic aérien (SNCTA) dénonçait les choix stratégiques que cette dernière a faits et indiquait que « le retard technologique abyssal (qui découle de ces choix) n’est aujourd’hui plus supportable. »
Une rencontre a eu lieu vendredi, puis une autre lundi après-midi, mais les discussions ont achoppé.
« Nous déplorons la situation, commente Sébastien Chêne, directeur de la Dac. Toutefois, notre proposition de créer un groupe de travail technique reste ouverte. Nous ne sommes pas dans une attitude de blocage. »
Minimum. Au niveau des opérateurs aériens, qui subissent une situation qu’ils ne connaissent que trop bien, on s’est mis en ordre de bataille afin d’assurer un service minimum aux usagers. Peu de perturbations prévues chez Aircalin : sur les sept vols au départ et les huit retours, seul le Nouméa-Wallis (via Nadi) de vendredi sera décalé de quelques heures. En revanche, chez Air Calédonie, le portrait est différent : « On s’adapte, comme à chaque fois », résume Marion Gentelet, directrice commerciale de l’opérateur domestique.
Reconduit. Aujourd’hui, 29 rotations sur 53 sont maintenues. Les autres sont généralement annulées et une minorité voit son horaire avancé ou, au contraire, retardé. Pour l’instant, tous les passagers impactés (plus de la moitié sur quelque 2 200) sont redispatchés sur un autre vol aujourd’hui même, exception faite des voyageurs entre Magenta et Touho qui n’auront pas d’alternative ce mercredi. Le service minimum prévaut également jeudi et vendredi.
Et peut-être au-delà, prévient Mélissa Kiener, du SNCTA : « Si nous n’obtenons rien au bout des trois jours, le mouvement sera reconduit la semaine prochaine. »
Photo : Jacquotte Samperez
La grève est confirmée, Les Nouvelles Calédoniennes, 16 septembre 2015.

