Lundi matin, les élus municipaux de Pouembout ont tenu leur dernier conseil de l’année. Les questions du contrat de développement et du Sivom ont révélé de la déception et de la grogne.
Par Aude Perron
Après une minute de silence à la mémoire de Jacques Lafleur, les élus ont abordé les différents points de l’ordre du jour. Des modifications au budget de fonctionnement et au budget annexe (voir encadré) ont été votées ainsi que le programme de travaux routiers pour l’année 2011 et la construction de logements à Val Nindiah destinés aux instituteurs.
Tout n’était que formalités jusqu’à que ce soit abordé le contrat de développement 2011-2015 avec l’État. Dans le cadre de ce dernier, deux opérations sont prévues : un groupe scolaire, au coût de 300 millions XPF ainsi qu’un centre de première intervention, au coût de 70 millions XPF. Dans les deux cas, la part de l’Etat est de 70 % et celle de la commune, 30 %. En votant, les élus ont habileté le maire à signer ce contrat de développement, engager les travaux et lancer les appels d’offre et marchés. « On vote, mais avec beaucoup de déception. Il n’y en a que pour VKP. Il n’y a rien entre l’État et la commune », se désole Nadeige Faivre.
La désolation a laissé la place à la grogne lorsqu’il a été question du Sivom, qui a suggéré aux communes de Vok, Koné et Pouembout de revoir à la hausse leur politique tarifaire. Yann Peraldi a expliqué aux élus que le syndicat intercommunal sera amené à fractionner son budget et que les déchets, l’eau et l’assainissement seront désormais trois budgets distincts. Cela suggère qu’il faudra les équilibrer et que l’excédent d’un service ne pourra plus venir éponger le déficit d’un autre. Dans ce contexte, le Sivom a besoin de revenus supplémentaires. « Pour nous, c’est difficile à faire, explique le maire Robert Courtot, car en terme de qualité des services rendus, on n’y est pas. C’est ce qu’on a déjà dit et c’est ce qu’on redira à la prochaine rencontre du conseil syndical. »
Les élus se sont dit également très inquiets au sujet de la ressource en eau. Depuis quelques temps, la commune demande au Sivom quelle quantité d’eau est prélevée mensuellement dans sa nappe phréatique. Jusqu’ici, ces demandes seraient restées lettre morte, alors que de nouveaux logements se construisent sur Koné exerçant une pression supplémentaire sur la ressource. Le captage de la Confiance qui doit renforcer l’AEP de Koné ne rassure en rien les élus de Pouembout. « On a donné de l’eau à Koné, mais aujourd’hui, on est le dindon de la farce parce que l’eau se tarit, s’insurge Nadeige Faivre. La compétence transférée (NDLR : au Sivom) est mal utilisée, du moins, à notre détriment. Et si on ne fait rien pour nos administrés, ce sera de notre faute. »
La commune se sent lésée, Les Nouvelles Calédoniennes, 17 décembre 2010.
