La Maryvonne a largué les amarres il y a trois semaines, le 18 septembre dernier (voir notre édition), avec à son bord, un équipage de 6 personnes, dont quatre apprentis-marins, issus de la province Nord.
Par Aude Perron
Aujourd’hui, le bateau-école touche au but : le 14 octobre, il rentrera à Nouméa et aura ainsi bouclé son tour du Caillou. Hier, le voilier faisait sa dernière escale à Koné, avant de rallier la capitale. Et sur les trois semaines de navigation, tout s’est plutôt bien déroulé et dans les temps. « Du lundi au samedi, tout le monde fait ses tâches. Les jeunes sont en formation continue toute la journée, que ce soit pour du travail de manœuvre, de prise de points sur carte marine ou de maintenance », explique le capitaine Alan Donato, pour illustrer le quotidien sur le bateau.
La première semaine a été un peu difficile pour les jeunes. « C’est dur de manœuvrer les voiles, il y en a cinq sur le bateau et on peut même en compter une sixième, confie Rocky, 27 ans, qui travaillait sur mine auparavant et avait envie de découvrir autre chose. Et il faut s’habituer à la vie à bord. Mais ça allait déjà un peu mieux la deuxième semaine. » Même son de cloche chez Yoan, 26 ans, originaire de Poum, qui, entre les écoutes, les drisses et autres bouts, avoue avoir eu de la difficulté pour retenir le vocabulaire lié au voilier. « Mais ça m’a plu de prendre le vent. J’aime bien admirer le paysage du large. L’expérience est positive. »
Aujourd’hui, les jeunes sont autonomes. « Nous sommes arrivés de nuit, hier soir, indique Alan. Les équipiers ont tracé la route et nous sommes arrivés à bon port. Savoir donner un cap par rapport à une carte marine, c’est déjà pas mal. » Le second de l’équipage, Rémy, renchérit : « Ils sont tous très bons. Ce n’est pas vraiment surprenant car ce sont des gens des îles. Après, il faut s’habituer aux règles et à la vie sur le bateau. Mais c’est assez rare que cela ne passe pas et qu’il faille débarquer un équipier. »
Quelle suite, maintenant, pour ces jeunes qui viennent de découvrir les métiers de la mer ? Les jeunes peuvent devenir bénévoles de l’Association La Maryvonne et agir comme équipier lors d’un prochain déplacement du bateau. Plus encore, ils peuvent intégrer l’École des métiers de la mer. C’est d’ailleurs ce que compte faire Christophe, 23 ans, de Poindimié, qui était en réinsertion sur La Maryvonne. Libéré en juin, après deux ans de Camp-Est, il vient de trouver sa voie. Il a envoyé sa candidature, déjà, et si la réponse est positive, il fera sa rentrée en mars prochain.
Légende : L’équipage a été accueilli au wharf de Foué par des représentants de la mairie.
Photo : D. R.
La dernière escale, Les Nouvelles Calédoniennes, 10 octobre 2013

