Le nouveau collège de Paiamboué, dont l’appel d’offres pour la construction vient d’être lancé, a de quoi séduire tant dans la construction que dans la pédagogie. Mais encore un peu de patience : il est prévu pour la rentrée 2016.
Par Aude Perron
Les collégiens de Koné vont pouvoir respirer. Enfin, ceux qui seront encore au secondaire dans deux ans : à la rentrée 2016, les quelques 650 élèves (hors ALP et SEGPA) qui s’entassent au collège de la commune seront désormais répartis dans deux établissements distincts. Le nouveau collège de Paiamboué vient de devenir un peu plus concret cette semaine avec le lancement d’un appel d’offres pour sa construction. Une implantation de quelque 7000 mètres carrés sur un terrain provincial, aux côtés du futur hôpital de la commune. Le projet comprend un bâtiment administratif, un bâtiment restauration et sport, un bâtiment CDI, deux bâtiments d’enseignement, un plateau sportif et enfin, deux logements F4. Un équipement de quelque 2 milliards de francs, incluant le coût des travaux, qui est destiné à 400 élèves et qui pourra en accueillir jusqu’à 600.
Si ce nouveau collège semble tout ce qui a de plus standard pour un établissement secondaire, il se distinguera pour sa pédagogie numérique (voir l’entretien ci-dessous) et il s’agira d’un bâtiment QEC. Le groupement de maîtrise d’œuvre est constitué de l’agence K’aDH de Pouembout, représentée par Christophe Malecot et Hervé Dumas (ainsi que les architectes Berthier et Frassanito, les bureaux d’études Becib, Capse, Paysage Concept et Setef). Pour aménager le terrain, qui n’est pas des plus faciles à travailler en raison de la présence d’une cuvette, ce dernier propose d’implanter les bâtiments autour de cet espace naturel, au lieu de procéder à un vaste terrassement. « Le respect de la topographie est un des éléments que nous avons aimé dans cette proposition : c’est comme si le collège était posé poliment sur le terrain », illustre Ange-Marie Benoit, de la SAEML VKP.
Autre caractéristique : l’utilisation du béton de terre, un isolant thermique, pour le bâtiment administratif et le CDI. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un béton créé à partir de terre, additionné d’un peu de ciment. Pour Ange-Marie Benoit, ses avantages sont nombreux : « La terre peut se trouver n’importe où, c’est juste une question de granulométrie, indique Ange-Marie Benoit. Pas besoin de transport ou d’énergie, nous sommes autonomes. C’est une innovation économique et écologique qui sera mise en œuvre pour la première fois en Calédonie. » Et il voit plus loin encore : « Si ça marche, cela peut même créer une filière », ajoute-t-il.
Quant aux entreprises qui construiront le collège, elles devront innover en matière de fonctionnement, tous corps de métier confondus. Dans son appel d’offres, la SAEML VKP demande qu’elles se mettent en groupement solidaire ou en co-traitance, un outil assez peu connu où, sur une opération ponctuelle, les entreprises sont solidaires et responsables du travail des unes et des autres. Si ce groupement parvient à se constituer, les travaux devraient être lancés début 2014.
Trois questions à Nicolas Guillemard, directeur adjoint en charge de l’enseignement, Direction de l’enseignement, de la formation et de l’insertion des jeunes (Defij)
Quelle sera l’identité propre du nouveau collège de Paiamboué ?
Au niveau de la pédagogie, ce sera un collège numérique, ce qui implique des investissements au niveau du matériel informatique : une salle d’informatique, des tableaux interactifs (TBI), des vidéoprojecteurs dans toutes les salles de cours et des bornes WI-FI pour avoir accès à Internet partout dans l’établissement. Il y aura aussi deux serveurs, l’un administratif et l’autre pédagogique pour les différents documents scolaires. Nous mettons tous ces outils informatiques en place, mais c’est le vice-rectorat qui verra comment ils seront utilisés.
Quels sont les défis liés à ce nouvel équipement ?
La maintenance est clairement un défi lié au caractère numérique de l’établissement. Nous travaillons avec le vice-rectorat pour voir comment tout ce matériel informatique peut être entretenu. Un autre défi, c’est la redistribution des élèves qui va suivre l’ouverture du collège : il n’y a pas de carte scolaire comme au primaire, mais à mon avis, il va falloir fonctionner avec une logique de zones géographiques. Dans ce cas, on peut s’attendre à ce que ce soit les élèves de Pouembout et du sud de Koné qui fréquentent ce collège.
La Province est-elle en train de passer au numérique dans l’enseignement ?
C’est en effet l’avenir et l’exécutif de la Province veut poursuivre dans cette voie. A la fin de cette année, nous aurons distribué en tout 30 nouveaux tableaux blancs interactifs dans les écoles primaires de la province. Chaque TBI représente un coût de 1,5 millions francs environ. Le collège de Poya est déjà bien engagé dans le numérique, mais nous allons pousser davantage : cela pourrait se faire avec des outils tels que des vidéoprojecteurs et des TBI. Nous sommes également en train d’identifier un collège de la province qui passera au numérique avant que n’ouvre le collège de Paiamboué, en 2016. C’est un projet pilote.
Un nouveau collège en 2016, Les Nouvelles Calédoniennes, 10 octobre 2013.
