L’origine de la petite pollution aux hydrocarbures dans la baie de Kaméré est toujours inconnue. Des résultats d’analyse sont attendus dans les prochains jours.
Par Aude Perron
Samedi, la plage du Cap Kaméré est déserte. La faute à la pluie, certes, mais pas seulement. Depuis vendredi matin, les lieux sont peu attrayants en raison d’une mystérieuse marée noire qui s’est déposée tout le long du rivage (voir notre article Kaméré broie du noir, du 9 mai dernier). Vingt-quatre heures plus tard, l’odeur d’hydrocarbures est encore bien présente, l’eau est toujours irisée par endroits et les cailloux sont glissants. « On est sur la troisième marée depuis hier matin et il y a encore des restes », constate Didier (*), le riverain qui a découvert la plage polluée vendredi matin et qui a alerté les autorités. Pour autant, aucun ruban de balisage ou panneau d’interdiction n’a été installé pour déconseiller la baignade aux Nouméens qui sont coutumiers des lieux, comme l’indiquent les restes de feux et de coques, notamment.
Analyses. Au stand de brochettes situé au pied de la montée qui mène au site du Cap, les vendeurs et les clients sont au courant de la pollution. Le mot est passé et certains se sont rendus sur les lieux pour en avoir le cœur net. Une chose est certaine pour eux : « C’est impossible que ce soit un véhicule qui ait fait sa vidange, on ne peut pas accéder à la plage en voiture, fait remarquer ce résident. La pollution vient peut-être de l’autre côté car il y a eu beaucoup de vent dans les derniers jours. » Cap Kaméré se trouve en effet à l’intérieur d’une zone qui réunit trois baies : Koutio-Koueta, Gadji et Dumbéa. La ronde par hélicoptère qu’a menée la gendarmerie nationale en fin de journée, vendredi, n’a pu le confirmer. Quant à la matière polluante, des prélèvements ont été réalisés et sont en cours d’analyse pour déterminer s’il s’agit d’une pollution venue de la mer (un bateau) ou de la terre (un particulier ou une entreprise). « L’endroit n’est tout de même pas propice au passage de gros bateaux qui viendraient nettoyer leurs cuves », estime le commandant Chapon.
En fin de journée, samedi, tout laissait croire qu’il s’agirait plutôt d’une pollution terrestre, selon le Centre de coordination de sauvetage Maritime (MRCC). « Un mélange d’hydrocarbure léger et d’huile, précisait Eric Backès, directeur de la Sécurité civile et de la gestion des risques. Cela va se dissiper naturellement. » Les résultats des analyses sont espérés en ce début de semaine.
(*) Le prénom a été changé
Photo : A. P.
La pollution serait d’origine terrestre, Les Nouvelles Calédoniennes, 11 mai 2015.

