Alors que s’achève la saison scolaire, la Maison familiale rurale franco-ontarienne fait le bilan de sa première année d’existence.
Par Aude Perron
Maxime Castonguay n’est pas n’importe quel étudiant ontarien de 18 ans qui vient de finir sa 12e année. Le jeune homme est le tout premier diplômé de la Maison familiale rurale franco-ontarienne (MFRFO), une école située à Alfred, entre Montréal et Ottawa et qui a ouvert ses portes en septembre dernier seulement. Ce concept, qui alterne entre travail et études, est né en France, dans les années 30. Aujourd’hui, on compte plus de 1000 de ces maisons-écoles à travers le monde, dont 5 au Québec.
L’objectif est à peu près partout le même : former de la main-d’œuvre qualifiée, trouver une relève agricole et créer de l’emploi afin de contrer l’exode des jeunes et assurer la vitalité des communautés rurales. Et dans le comté de Prescott-Russell, où se trouve la MFRFO, inciter les jeunes à rester est tout un défi : « On est en compétition avec le marché du travail d’Ottawa qui offre des emplois stables et bien rémunérés », fait remarquer Mariève Breton, la directrice générale de la MFRFO.
Il ne fait donc aucun doute que cette école viendra répondre aux nombreuses préoccupations du milieu. « Ce qui m’a plu dans ce projet, c’est son aspect entrepreneurial fort, grâce à l’alternance stages-études, estime Simon Durand, le directeur général de l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO). Et la vie en résidence fait des jeunes plus responsables et mieux outillés pour le marché du travail. »
La MFRFO, qui a recueilli 7 étudiants de la 10e à la 12e année, remplit un autre mandat : assurer la vitalité du français. Mais pour Kathy Chaumont, du Réseau de développement économique et d’employabilité de l’Ontario (RDÉE), si la première MFR de la province a vu le jour chez les francophones, c’est parce que ces derniers sont habitués de se serrer les coudes. « Comme minorité, on doit se regrouper et innover, explique celle qui a porté le dossier depuis le début, en 2003. La preuve, la seule CUMA (coopérative d’utilisation de machinerie agricole) de la province, c’est celle des Franco-ontariens. C’est le genre de choses qui nous apprend à fonctionner ensemble. »
Seule ombre au tableau, c’est le manque de fonds récurrents, qui sera le prochain cheval de bataille de Johanne Lafrance, une des administratrice de la MFRFO. En attendant, la productrice laitière et maître de stage savoure : « Pour cette première année, on peut dire mission accomplie. »
Photo : A.P.
La première Maison familiale rurale en Ontario : mission accomplie, La terre de chez nous, 2 juillet 2009, p. 26

