La prépa médecine en bonne santé

Pour la deuxième année consécutive, la Calédonie s’est distinguée dans une enquête du magazine l’Étudiant sur les prépas aux études de santé.

Par Aude Perron

C’est toujours une bonne nouvelle : il y a deux semaines, le magazine français l’Étudiant publiait les résultats de son enquête annuelle sur les universités qui offrent la première année commune aux études de santé (PACES), la fameuse année préparatoire aux études de médecine, d’odontologie (dentaire), de pharmacie ou de sage-femme (ou maïeutique). Et comme l’an dernier, l’Université de Nouvelle-Calédonie, qui offre cette prépa depuis 2002, occupe le haut du tableau parmi les 32 facultés (sur une quarantaine) qui ont répondu à l’enquête. Taux de réussite de la promotion 2014-2015 dans l’une des quatre filières médicales : 33,9 % alors que la moyenne est de 22 %.

Les avantages de la prépa locale

Comment interpréter ces résultats ? Avec le peu de candidats rapporté au nombre de places. Il y a dix places à combler en médecine, cinq en odontologie, deux en pharmacie et quatre en maïeutique, soit 21 pour soixante-deux candidats qui tentent le concours. « Cela veut dire que c’est en Nouvelle-Calédonie qu’on a le plus de chance de décrocher le concours », explique Valérie Burtet-Sarramégna, enseignante et responsable de la PACES à l’UNC.

Pour autant, si les 21 places sont occupées par les étudiants les mieux classés aux épreuves, « le niveau des Calédoniens reste très fort », poursuit l’universitaire. La PACES est réalisée en partenariat avec l’Université Pierre-et-Marie-Curie, à Paris. En clair : mêmes programmes et épreuves et des corrections effectuées à Paris.

Une alternative venue d’Angers

Cependant, les Calédoniens ont un avantage que leurs camarades de l’hémisphère Nord n’ont pas : le calendrier austral leur permet de faire une sorte de prépa avant la prépa. Entre février et juin, avant d’attaquer le programme qui s’étire de juin à mars de l’année suivante, ils suivent des cours tirés des première et deuxième années de la licence en Science de la vie et de la terre, option santé. « Cela leur dégrossit le programme de la PACES, résume Valérie Burtet-Sarramégna. C’est unique au niveau national. »

Cette dernière estime que, malgré tout, ce concours écarte des étudiants prometteurs : « La PACES est élitiste et très difficile. La quantité de matière à apprendre est énorme et les épreuves se font par QCM. Cela ne correspond pas à tout le monde. » Elle lorgne donc du côté de l’Université d’Angers qui offre, depuis la rentrée 2015, le PluriPASS (Parcours Angers Sciences de la santé), une voie alternative pour accéder à la deuxième année de l’une ou l’autre des filières médicales, en court-circuitant la fameuse PACES et son concours couperet. Son objectif : une ouverture pour les Calédoniens en 2017, pour une première promotion en 2018.

Mais pour cela, Valérie Burtet-Sarramégna devra obtenir auprès du ministère de la Santé, à Paris, un numerus clausus dédié à ce dispositif. Pas une mince affaire. Cependant, elle a déjà un argument qui pourrait peser : le numerus clausus calédonien serait sous-estimé. On compte, par exemple, une place en médecine pour 26 000 habitants, contre une pour 15 000 en Polynésie et une pour 10 000 à La Réunion. « Nous sommes en deçà du numerus clausus auquel on pourrait prétendre », conclut-elle.

Ailleurs outre-mer

Numerus clausus par filière et nombre d’étudiants inscrits en 2014-2015 :

Nouvelle-Calédonie : médecine : 10, odontologie : 5, pharmacie : 2, sage-femme : 4. Nombre d’étudiants : 62

Polynésie française : médecine : 19, odontologie : 4, pharmacie : 3, sage-femme : 8. Nombre d’étudiants : 161

La Réunion : médecine : 81, odontologie : 8, pharmacie : 6, sage-femme : 27. Nombre d’étudiants : 860.

Photo : DR

La prépa médecine en bonne santé, Les Nouvelles Calédoniennes, 9 juin 2016.

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