L’armée, une force d’achat insoupçonnée

Les Fanc ont récemment présenté aux entreprises le potentiel d’achats de la base de défense, ses procédures et les marchés qui seront lancés.

Par Aude Perron

Elles peuvent ressembler à une forteresse imprenable, mais l’espace d’une demi-journée, les Forces armées de Nouvelle-Calédonie (Fanc) se sont montrées des plus accessibles aux petites et moyennes entreprises (PME) du pays. Cette opération, organisée par le Pôle outre-mer à l’économie de défense (Pomed), a attiré une soixantaine de représentants d’entreprises. Elle avait pour but de présenter les pouvoirs adjudicateurs des différentes entités du ministère de la Défense : le service des essences des armées (SEA), le régiment du service militaire adapté (RSMA), le service de santé des armées (SSA), le service de soutien de la flotte (SSF), service d’infrastructure de la défense (SID) et la direction du commissariat d’outre-mer (Dicom/ GSBdD). Quels sont les biens et services qu’ils achètent ? Quelles sont les procédures d’approvisionnement ? Selon quels critères ? La valeur des achats en biens et services de ces six services s’élève à plus de 4 milliards de francs. Avec ses besoins en services de gestion et de maintenance du parc immobilier des Fanc, de la gendarmerie et du SMA notamment, le SID est le service acheteur le plus important, avec 33 % des dépenses. Suivent le Dicom, avec 28 % des achats (alimentation, petit outillage, matériel de sport, gardiennage, nettoyage de locaux…), puis le RSMA avec 21 % de la valeur totale (construction et entretien de bâtiments, alimentation, quincaillerie, transport de personnes, pièces détachées automobiles…). « En gros, chaque filière de formation est un marché », résume le capitaine Ronald Jean, qui précise que le régiment compte 361 entreprises partenaires, dont 99 situées en province Nord.

Composer avec l’insularité

Si l’essentiel des partenaires des Fanc sont locaux, « c’est lié à l’insularité, indique le capitaine Vincent Tourtet, à la tête de la Dicom. C’est bien pour le service après-vente et même le service tout court. Mais le marché est petit et qui dit peu d’opérateurs, dit moins de concurrence… » L’entreprise SIP travaille avec les services du ministère de la défense depuis plusieurs années et fournit rayonnages, équipements de bureau, mobilier urbain, et même des appareils de fitness. Aujourd’hui, son chef de projet, Jean-François Martinez, est présent pour « avoir un visuel sur les marchés à venir » et entretenir cette relation d’affaires. : « Les Fanc représentent un partenaire que l’on ne peut ignorer », estime-t-il. Et en plus d’être un acheteur conséquent, ce partenaire est aussi bon payeur : « En 2015, on payait en moyenne en dix-sept jours, confirme Vincent Tourtet. Cela fait partie de notre engagement de payer rapidement : on sait que les PME n’ont généralement pas beaucoup de trésorerie. »

Achats prévus en 2016

Fournitures de services : prestations de sonorisation, transport de mobilier, équipement et remplacement de mobilier des logements, transport routier de conteneurs. Fournitures de biens : véhicules (renouvellement annuel du parc, véhicules utilitaires…), engins de levage, électroménagers pour les logements militaires, outillage à main, électroportatif et pneumatique… Externalisation : entretien des espaces verts, entretien de locaux (comme à Nandaï), entretien des hottes et des systèmes de ventilation des restaurants, fourniture des denrées alimentaires au profit des restaurants, élimination des déchets et aire de transit, état des lieux, entrant et sortant, des logements des Fanc.

Photo : Archives LNC

L’armée, une force d’achat insoupçonnée, Les Nouvelles Calédoniennes, 26 juillet 2016.

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