Le GDPL demande 34 %

Le GDPL Gorobouao bloque depuis plusieurs jours la carrière de Koné et cela dure au moins jusqu’à demain. Au delà, envisagent les grévistes s’ils n’obtiennent pas satisfaction.

Par Aude Perron

Ils ont pris tout le monde de cours vendredi dernier. Au lever du soleil, la bâche bleue et le drapeau kanak flottaient et l’accès au site de Société des carrières de Koné (SCK) et Société Koné Béton (SKB) était carrément bloqué.

Il n’y a pas eu d’événement déclencheur pour expliquer ce ras-le-bol soudain mais une grogne qui s’est installée depuis un petit moment. En juillet dernier notamment, un incendie criminel avait occasionné des dégâts importants : destruction d’engins et d’un centre de contrôle (voir notre édition du 16 juillet 2012). Plus récemment, la société Colas est entrée dans le capital et au conseil d’administration de SCK-SKB en rachetant les parts cédées par la Sofinor. 

Au début de ce mois, le GDPL Gorobouao (Koniambo) et le conseil des clans de la tribu se sont réunis pour élaborer un cahier de revendications. Parmi celles-ci, deux sont de taille : parts dans le capital des sociétés qui passeraient de 15 % à 34 % ; une entrée au conseil d’administration. Quant aux autres, elles concernent notamment l’accès à des formations de mécanique et de dynamitage, l’accès au marché de gardiennage qui serait sous-traité hors tribu et l’embauche de trois manœuvres vraisemblablement en intérim depuis presque un an. « En intégrant le conseil d’administration, nous aurons une vue d’ensemble sur les décisions qui sont prises et nous aurons notre mot à dire », explique Pierre Pourouda, secrétaire du conseil des clans de la tribu de Koniambo.

Sans nouvelles de leurs revendications après deux semaines, le GDPL a donc décidé de lancer le bras-de-fer. Il espère qu’il sera rejoint par le GDPL Bako, également présent dans le capital de la société, qui pour l’instant, demeure silencieux. Quant à GCM (groupe HCM/Groupe Colas), propriétaire des sociétés, elle n’a pas souhaité s’exprimer, préférant attendre la tenue et l’issue d’un conseil d’administration exceptionnel, prévu jeudi matin.

Légende : Le GDPL demande un siège au conseil et des positions à hauteur de 34 % dans le capital des sociétés.

Photo : A. P.

Le GDPL demande 34 %, Les Nouvelles Calédoniennes, 31 juillet 2013.

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