Le retour des anchois annonce plusieurs mois de loisir

Avec l’approche de la saison fraîche, les anchois viennent de faire leur retour dans la grande rade, attirant les pêcheurs à l’affût de grosses prises.

Par Aude Perron

Johan (*) est bredouille. « Les vents viennent du sud-est, ce n’est pas très bon », justifie-t-il, en regardant au loin dans la grande rade. Le pêcheur retire sa ligne au bout de laquelle pend un chinchard qui servait d’appât. « De toute façon, il est mort. Il faut qu’il soit vivant pour attirer le thazard ou la carangue. » Et de jeter à l’eau le petit poisson argenté.

Mais ce n’est que partie remise pour Johan. Il reviendra demain, à la marée montante, ou dès que son emploi du temps lui permettra de profiter de la saison nouvelle.

Depuis quelques semaines déjà, le petit roi de la friture est revenu dans l’Anse du Tir. Et avec lui, sont revenus pêcheurs – amateurs et confirmés –  au bord de la digue, le long de la voie express. Car qui dit anchois, dit maquereau, thazard, carangue, bec de canne ou bonite. Et c’est bien ces poissons carnivores que l’on veut ferrer.

« Ce n’est pas tous les ans. Cette année, on a vu les anchois rentrer dans la rade en février. Quand cela arrive, on est content », raconte J-C (*), originaire de Maré. Ce matin, il vient voir s’il y a des « chasses » dans l’anse et échanger un moment avec ses camarades de loisir. « Moi, je préfère pêcher le soir. On voit bien les anchois de nuit, quand le vent est tombé. Il y en a des milliers. Ça brille », explique-t-il.

La loi du sport

Pas de pêche ce matin, donc, mais rien ne presse puisque la période peut durer cinq, voire six mois, selon ce résident de Montravel. « Mais ça peut être plus court. Si les gens pêchent les anchois à l’épervier pour faire des appâts, ça en fait moins dans la rade. Et ce n’est pas bon pour la reproduction. »

Un peu plus bas, Serge et Francine viennent de se garer. Mordu de pêche, le couple de Païta préfère s’adonner à son passe-temps à Nouméa. En quelques minutes, canne et mitraillette sont appâtées d’un morceau de calamar puis jetées à l’eau. «?On s’arrête dès qu’on voit du monde sur le bord, explique Francine. Notre matériel est toujours dans le coffre. On lance et on voit ce qu’on ramasse. » « Samedi dernier, ça mordait, poursuit Serge. J’ai cassé ma ligne trois fois. Mais ça, c’est la loi de la pêche. »

(*) prénoms d’emprunt

Photo : A. P.

Le retour des anchois annonce plusieurs mois de loisir, Les Nouvelles Calédoniennes, 23 mars 2016.

 

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