Dès le 5 avril au matin, les 5 300 véhicules qui empruntent la rue Taragnat chaque jour ne pourront plus le faire que dans le sens Vallée-des-Colons en direction de Sainte-Marie.
Par Aude Perron
François Kacirek est fatigué. Le retraité de 82 ans habite rue Taragnat et depuis plusieurs années, il se bat pour empêcher que cette artère ne passe à sens unique. Malheureusement pour lui, ce sera chose faite le 5 avril. « Alors tous ceux qui arrivent de l’Anse-Vata ou du Faubourg-Blanchot, et qui passent par la rue Soeur Martine, ne pourront plus couper par Gaudet et Charleroi pour aller à Magenta. Ils vont devoir aller jusqu’au Géant et faire le tour. Vous vous imaginez le trafic ? C’est déjà les bouchons le matin !
Il faudra bien que ce riverain s’y fasse. Après une nuit de travaux (voir encadré), la rue dans laquelle il réside depuis 1945 deviendra à sens unique. Pour le moment, elle l’est aux extrémités, côté Vallée-des-Colons, et côté Sainte-Marie. Mais au milieu, entre les rues du R.P. Roman et Sylvain-Gargon, les véhicules peuvent circuler dans les deux sens. « Ce double sens est un non-sens, résume Alain, un commerçant. Il part de nulle part pour aller nulle part. »
Plus de cohérence
L’entrepreneur accueille donc favorablement la nouvelle, surtout qu’il est témoin d’accrochages et d’accidents « récurrents » de véhicules qui débouchent sur l’artère sans bien regarder dans les deux sens de la circulation. A quelques pas de là, Caroline, qui a ouvert sa boutique Avenue de la Fête il y a un an et demi, apprend la date à laquelle le passage à sens unique sera effectif. « C’est une décision que je comprends. Mais cela ne m’arrange pas forcément. Si les gens loupent le magasin, ils ne pourront plus revenir sur leurs pas. Ils devront faire tout le tour par Charleroi et Bénébig pour reprendre le sens unique. »
Pour la mairie, cette décision est logique avec le passage à sens unique de la rue de Charleroi, la parallèle au-dessus, qui s’est fait en 2011. « Il y avait une cohérence à trouver, indique Thierry Clément, responsable du service exploitation et voirie à la Ville. Mais c’est aussi une question d’organisation de la circulation et de sécurité. » Fini, a priori, les véhicules qui se garent sur le trottoir, car la rue comptera désormais 73 places de stationnement. Et surtout, fini la priorité à droite au niveau de la rue du R.P. Roman, dangereuse pour les non-avertis : « Taragnat devient prioritaire », confirme Thierry Clément. Quant aux bouchons que certains riverains craignent, le responsable se veut rassurant : « Il n’y aura pas de trafic supplémentaire. Seulement un report ».
Au lycée Do Kamo, la nouvelle est très bien accueillie car la circulation des véhicules et des cars de ramassage le matin et l’après-midi sera – espère-t-on – simplifiée. « Le lycée n’est pas bien situé, explique Dario Burguière, directeur de l’établissement installé dans cette rue résidentielle depuis 1979. En plus, comme nous n’avons pas de terrain de sport, chaque jour, nous avons des cars pour emmener les élèves vers les activités sportives. » Et d’ajouter que le nombre d’élèves, aujourd’hui de 600, continue de grossir. « Alors, c’est une nouvelle que nous espérions. »
Une nuit de travaux
Les travaux – dont le coût s’élèvera à 2,5 millions de francs – vont débuter dans le courant de la journée du lundi 4 avril. Mais les plus bruyants et gênants auront lieu dans le courant de la nuit. Les marquages actuels seront effacés et remplacés par les nouveaux. Des panneaux de signalisation (stop, cédez le passage, etc.) seront installés, de nouvelles places de stationnement tracées et une piste cyclable aménagée. Au petit matin du mardi 5 avril, les automobilistes ne pourront plus circuler sur l’artère que dans un sens, de la rue Bénebig, jusqu’au rond-point derrière Géant Sainte-Marie.
Photo : A. P.
Taragnat passe à sens unique dans une dizaine de jours, Les Nouvelles Calédoniennes, 24 mars 2016.

