Hier, la Ville a organisé son premier thé dansant de l’année. Environ 225 seniors ont répondu à l’invitation et se sont trémoussés sur les rythmes de leur jeunesse.
Par Aude Perron
Il n’est pas 13 h 30 et la salle d’honneur de la mairie est déjà remplie à moitié. « On ouvre une quinzaine de minutes avant car ils sont toujours un peu pressés », indique, amusée, Dalida Zazouli, du centre communal d’action sociale (CCAS) de la ville de Nouméa. C’est le premier thé dansant de l’année et force est de constater que le rendez-vous est toujours aussi attendu. Et pour l’occasion, on s’est fait beau. Chemise amidonnée, robe à volants, chapeau, fleurs dans les cheveux, aucun détail n’a été laissé au hasard.
Dans la salle aménagée pour l’occasion, douze élèves du lycée Escoffier, inscrits en mention complémentaire barman, s’activent auprès de leurs clients. Chaque binôme gère le service de quatre tables et apportera pendant les deux heures de bal, boissons chaudes, gâteaux secs et pâtisseries confectionnées par les camarades du CAP pâtisserie. « Ça se passe bien, je n’ai pas besoin d’intervenir, observe Eric Savignac, professeur de restaurant au lycée. Et ce sont des jeunes qui passent bien auprès des clients. »
Les seniors prennent progressivement place. Mais pas de temps à perdre car DJ Max a déjà commencé de chauffer les participants qui ne cessent d’arriver : « On va leur montrer, aux jeunes, ce qu’on vaut ! » Et de lancer Rivers of Babylon, de Boney M, classique disco qui n’a pas son pareil pour dérider une foule.
Danser ensemble
Au milieu des tables, des dizaines de participants relèvent le défi lancé, dont Lufina, 66 ans. Elle danse, envoie de sa main des bisous à son DJ préféré, puis s’esclaffe de son audace. « Je viens ici depuis l’an dernier, confie la timide dame originaire de Wallis et de Fidji. Je suis heureuse de danser et de rire. Je suis heureuse de voir du monde. »
Bernard, 70 ans, Calédonien d’origine vietnamienne, est un habitué du rendez-vous et n’est pas ici pour rester assis. « Je suis à l’aise avec tous les styles de danse, sauf la techno. C’est pour les jeunes, ça !, explique-t-il, lunettes à la Top Gun sur les yeux. Même si je suis venu avec ma copine, ma joie, c’est d’inviter d’autres personnes. C’est le danser ensemble pour tout le monde. »
Fusionnels sur la piste de danse, Arlette et Yves, du Faubourg-Blanchot, brillent d’élégance. « Quand on danse, on ne vieillit pas, raconte Arlette, enthousiaste, qui n’a pas oublié d’enfiler ses chaussures de bal. J’adore danser. » Yves admet ne pas pouvoir en dire autant, mais il adore faire plaisir à sa compagne et retrouver ici des amis, habitués eux aussi de l’endroit.
En plus des particuliers, plusieurs structures spécialisées pour personnes âgées ont fait le déplacement avec les pensionnaires volontaires. Au fond de la salle, Rose, aide-soignante au CHS Albert-Bousquet, a pris place avec une poignée de patientes, certaines à mobilité réduite, d’autres souffrant d’Alzheimer. « C’est bien de les amener ici. Ça leur fait du bien. Quand elles rentrent après, elles racontent à tout le monde. Elles sont généralement timides, mais elles vont bouger sur leur chaise. »
Bénévole pour l’association
Vivre Ensemble et présente pour donner la main au centre hospitalier, Marie-Noelle résume : « Ici, c’est une thérapie sans médicaments. » Prochaines thérapies : les jeudis 23 juin, 22 septembre et 10 novembre.
Photo : Jacquotte Samperez
Les seniors se laissent griser au thé dansant de la mairie, Les Nouvelles Calédoniennes, 25 mars 2016.

