Les diplômés de l’école de la dernière chance

Chaque année, des jeunes en situation d’échec scolaire s’en sortent grâce à un des certificats d’aptitude personnelle à l’insertion (CAPI) du Service militaire adapté de Koné.

Par Aude Perron

À voir leurs visages émus, la cérémonie au Service militaire adapté (SMA) de Koné vendredi dernier était un moment de grande importance pour les parents et les amis qui étaient présents. En effet, ils sont venus voir le travail accompli par deux cohortes de volontaires stagiaires. Ceux de la première se sont vu remettre l’insigne de groupement, symbolisant leur intégration récente dans le SMA. Les autres, au SMA depuis maintenant un an, ont reçu leur Certificat d’aptitude personnelle à l’insertion (CAPI). Certains ont même reçu une médaille ou une lettre de félicitations. 

Que de chemin parcouru, donc, pour ses jeunes de 18 à 26 ans, en situation d’échec scolaire. En revanche, cela ne se fait pas sans douleur, loin de là. Pour les 26 volontaires nouvellement intégrés à « l’école de la dernière chance », cette formation de deux ans, qui leur donnera un CAP, a commencé avec un entraînement de trois semaines à Nandaï. Au programme, opération de dégrossissement : lever à l’aube, footing, pompes, ménage, repassage, discipline, respect de l’autorité, alouette ! « À la fin de la première semaine, on a tous eu une baisse de moral, raconte Herbert Boawe, 23 ans, qui s’est distingué en finissant premier de l’entraînement. Mais ce que j’ai trouvé le plus dur, c’est les punitions et être loin de ma famille. »

Qu’il se rassure : le plus dur est fait. Maintenant, avec ses nouveaux camarades, il va s’attaquer à son CAPI qu’il devrait obtenir dans un an. Le CAPI, c’est quatre formations en une : remise à niveau scolaire, formations citoyenne, professionnelle et aux premiers secours. « Un jeune avec un CAPI, c’est un jeune qui est complet », estime le lieutenant-colonel Loridon. « Et pour un employeur, un jeune avec un CAPI, c’est une garantie », ajoute le capitaine Cuny.

Fort de son certificat, il reste au volontaire stagiaire d’aller parfaire ses connaissances pratiques pendant une autre année. Les volontaires nouvellement intégrés, eux, iront à Poro, afin d’obtenir leur CAP de mécanicien ou de conducteur d’engins de mine, une des huit filières offertes. Cela, bien sûr, s’ils ne font pas de bêtise en cours de route. « Sur une mine, on ne boit pas et on ne se drogue pas, rappelle le lieutenant-colonel Loridon. Vous serez dépistés de temps à autre. Si vous êtes positif, vous serez virés dans l’heure. Prenez cet avertissement pour de l’argent comptant. » Nul doute, on est bien à l’école de la dernière chance.

Photo : A. P.

Les diplômés de l’école de la dernière chance, Les Nouvelles Calédoniennes, 31 mars 2010.

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