Les maths font leurs stars

Organisée par le vice-rectorat, la Semaine des mathématiques a débuté lundi. Au programme : ateliers de vulgarisation scientifique, remise de prix, conférences et autres activités pour montrer l’utilité de cette discipline scientifique.

Par Aude Perron

Il fallait être au taquet, lundi après-midi, au lycée Jules-Garnier. Les derniers élèves arrivés sont à peine assis que Rhys Phillips, avant même de se présenter, sépare la classe de seconde en deux groupes et lance un quiz qui mêle statistiques, probabilités et combinatoire : « 0, 1, 1, 2, 3, 5, 8,. Quelle est la suite ? » Le groupe B trouve la réponse – treize – et, ouf, c’est la bonne. Un point.

« Cette suite est connue, c’est la suite de Fibonacci. Chaque terme est l’addition des deux précédents. » Pendant une heure (et en anglais de surcroît), les élèves se prêtent donc au jeu de cet ingénieur en aéronautique chez Airbus, à Cardiff, et vulgarisateur scientifique de 28 ans.

Décloisonner. S’il est au lycée Jules-Garnier et qu’il se promènera dans différents collèges et lycées du Caillou jusqu’à vendredi, c’est pour la Semaine des mathématiques, organisée par le vice-rectorat de Nouvelle-Calédonie. Au programme : les ateliers de Rhys Phillips, diverses activités dans les établissements scolaires du pays, plusieurs remises de prix aux lauréats de nombreux concours de mathématiques (les Olympiades des 1re, l’Australian Mathematic Competition, le Mathémaclic, entre autres), des projections et des conférences grand public dont la dernière aura lieu ce soir (lire ci-contre).

Instinct. « L’objectif de cette semaine est de donner le goût des maths, indique Jean-Claude Lindauer, représentant de l’inspection en mathématiques au vice-rectorat. Cette discipline au sens strict peut être rébarbative, mais depuis 2008, on tente de la décloisonner en montrant l’utilité, la nécessité des notions apprises ».

Dans les faits, au lieu d’attaquer d’emblée avec la théorie, l’enseignant est encouragé à commencer avec une activité sous forme de question ouverte. « Les élèves cherchent avec les notions qu’ils connaissent déjà, poursuit Jean-Claude Lindauer. Il y a un va-et-vient constant entre les élèves et le professeur. Les élèves prennent l’initiative, ils ne doivent pas être seulement des exécutants. Même si leur démarche n’aboutit pas, on valorise leur culture scientifique ».

Une approche qui permet peut-être de réconcilier davantage d’élèves avec cette discipline aussi mal-aimée qu’utile dans de nombreuses professions.

« Le regard sur les mathémathiques et les sciences change doucement, croit Rhys Phillips, qui utilise ses congés chez Airbus pour transmettre sa passion des sciences auprès de collégiens et de lycéens. Il le faut car les carrières scientifiques sont fun et payantes. Et tout le monde peut le faire : ce n’est pas réservé à une quelconque élite ».

Pi pour le grand public

Ce soir à 18 heures, conférence à l’UNC : « Merveilleux nombre Pi » par Alban Da Silva. Pi est sans doute la constante mathématique la plus célèbre. Apparue il y a environ 4 000 ans, elle a généré de nombreuses questions, certaines résolues, d’autres non. Plusieurs grands mathématiciens comme Archimède, Newton, Feuler ou Gauss y ont consacré une partie de leurs efforts. Issu de la géométrie, Pi intervient aussi dans des domaines autres que les mathématiques.

Photo : Jacquotte Samperez

Les maths font leurs stars, Les Nouvelles Calédoniennes, 29 octobre 2015.

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