Hier, les chefs d’établissement se sont fait présenter les points majeurs de la délibération sur les Epenc. A la rentrée, les usagers de l’école publique seront invités à s’approprier ce texte.
Par Aude Perron
Un livre de chevet. C’est ainsi qu’Hélène Iékawé décrit la délibération sur le statut des Etablissements publics d’enseignement de la Nouvelle-Calédonie (Epenc). Hier, au lycée Jules-Garnier, la membre du gouvernement en charge de l’enseignement a présenté ce texte (ainsi que le projet éducatif) à une vingtaine d’inspecteurs, de conseillers principaux d’éducation et de chefs d’établissement de Nouméa et des îles Loyauté. Ce statut, qui donne à la communauté éducative le cadre nécessaire au fonctionnement des collèges et lycées, a été adopté par le Congrès en septembre dernier. Et il aura des incidences sur la rentrée prochaine.
Un outil pour un problème précis
Parmi les nouveautés, se trouvent les contrats d’objectifs qui peuvent définir, pour un temps donné, les priorités de l’établissement.
Ainsi, un Epenc qui identifie chez des élèves un problème peut, avec l’aval de son conseil d’administration, déterminer un budget et solliciter exceptionnellement des moyens supplémentaires auprès de la puissance publique (province ou gouvernement). « C’est pour traiter un problème visible, explique Romain Capron, inspecteur de l’Education nationale et conseiller d’Hélène Iékawé. Pendant deux, voire trois ans, on met tous les efforts dessus. C’est précis et limité dans le temps. »
Réponse aux spécificités locales
Egalement mis en avant, parmi la centaine d’articles de la délibération : un représentant de l’aire coutumière de l’établissement siégera au conseil d’administration (et conseils disciplinaires).
« C’est bien de voir cela arriver, confie Dominique Roger, principal du collège d’Ouvéa. Il fallait que l’on soit entendu des coutumiers et inversement, qu’il y ait un échange. Avec ce statut, on est bien plus dans la spécificité calédonienne ». Cette spécificité, le principal la vit au jour le jour, en se déplaçant en tribu pour aller remettre les bulletins ou rencontrer les familles, par exemple. « On ne peut pas en faire fi, surtout dans les Îles ou en Brousse. »
Pour Patrick Retali, proviseur au lycée Jules-Garnier, la rentrée prochaine ne sera pas comme les autres. Il va présenter le statut des Epenc à ses 290 personnels, mais aussi aux parents et aux élèves. « C’est bien plus qu’un texte juridique. C’est un manuel pour tous les usagers de l’école. En 2016, on rentre à l’école par la grande porte pour rentrer chez soi. C’en est fini de la défiance. Cette école appartient à tous les Calédoniens. »
Les outils de la rentrée 2016 présentés aux enseignants, Les Nouvelles Calédoniennes, 21 novembre 2015.

