Les temps sont durs pour les traiteurs

Les traiteurs subissent de plein fouet la réduction des dépenses dans les administrations. En témoignent la fermeture du 7ème Pêcher et la récente liquidation des D’Lys de Georges.

Par Aude Perron

C’est une enseigne connue de la Baie-de-l’Orphelinat qui vient de mettre la clé sous la porte. Après plus d’un an et demi de difficultés, le 7ème Pêcher, traiteur haut de gamme réputé, n’est plus. Aujourd’hui, le fonds de commerce est à vendre et les candidats intéressés ont jusqu’au 29 février pour se manifester. « Je crois vraiment qu’on peut le vendre, indique Mary-Laure Gastaud, mandataire liquidateur. C’est un bon emplacement, le matériel est récent et la cuisine est belle. »

Mais qu’est-il arrivé au 7ème Pêcher ? La baisse généralisée des dépenses dans les institutions serait en cause, mais aussi un fonds de commerce (une boucherie, à l’époque), acheté trop cher en 2011. « Les propriétaires ont eu du mal à amortir leur investissement », poursuit le mandataire.

Le couple Ségard, qui employait sept salariés, a pourtant tenté de sauver les meubles : en février de l’année dernière, il présentait un plan de redressement en étalant ses créances sur dix ans.

Cocktails non Grata

Outre les charges habituelles, cela représentait 300 000 F de plus à trouver chaque mois. « Ils ont tenu un an, présente Mary Laure Gastaud. Mais en février, ils ont pris les devants et ont demandé la liquidation. »

Au centre-ville, cette histoire vient de se répéter, à peu de chose près. Rue Clemenceau, l’enseigne Les D’Lys de Georges est fermée depuis novembre.

Mais plus pour longtemps car le traiteur-restaurant est en plein travaux de rénovation et rouvrira lundi prochain. Damien Gougeon est le seul à s’être manifesté pour reprendre le commerce. « J’avais envie de remonter cette affaire. Dix-sept ans : c’est une belle enseigne », confie celui qui possède déjà trois restaurants sur Nouméa.

Pour lui, les D’Lys de Georges ont également été touchés par la morosité économique : « Il y a eu une période faste pour les traiteurs. Mais aujourd’hui, vu les restrictions budgétaires, c’est presque devenu politiquement incorrect de faire un cocktail.» Pour la prochaine vie de l’enseigne, l’homme d’affaires mise sur un chef réputé aux fourneaux – Jacques Prouchandy, ancien du Méridien – mais aussi sur une équipe réduite de onze à six salariés, moins d’équipement et un espace plus fonctionnel. « Je suis prudent, mais je suis confiant. » Quant aux activités, elles restent les mêmes avec la partie snack au rez-de-chaussée, le restaurant à l’étage et enfin, la partie traiteur. « De toutes façons, faire seulement traiteur aujourd’hui, ce n’est plus viable. »

Le pari de la diversification selon Touskifau

Traiteur, épicerie, boucherie, gamelles : l’enseigne de la Vallée-du-Tir, âgée de 45 ans, regroupe plusieurs corps de métiers. « C’est important de se diversifier, explique Marie-Laure Techer, arrivée en qualité de gérante chez Touskifau il y a quatre mois. Dans l’évenementiel, janvier à juin correspond à une période creuse. Avec d’autres secteurs, on peut plus facilement tenir. »</P><P>Mais pour la jeune femme de 35 ans, le maître mot pour réussir dans ce milieu « très difficile », c’est la réactivité. Ce matin, un client institutionnel lui a passé commande pour 50 personnes le midi même. Pas de problème, bien entendu, pour elle et son équipe, qui a beaucoup d’ancienneté. « Quand quelque chose tombe, on est tous sur les charbons. »

Photo : DR

Les temps sont durs pour les traiteurs, Les Nouvelles Calédoniennes, 26 février 2016.

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